Dans son précédent ouvrage
Comment les riches détruisent la planète (Seuil, 2007), le journaliste écologiste Hervé Kempf faisait le bilan de la catastrophe écologique et expliquait de manière originale pourquoi aucune solution décisive n'était mise en place pour y remédier. Il insistait sur l''absolue nécessité de conjuguer le vert avec le rouge, c''est-à-dire l''écologie avec le social. Le succès inattendu de ce livre (traduit en plusieurs langues et toujours dans les meilleures ventes françaises) a amené l''auteur à donner des conférences à travers le monde. Une des questions les plus récurrentes qu''on lui posait était : « Et maintenant, on fait quoi ? ». Hervé Kempf a donc tenté d''y répondre par un nouveau livre au titre choc dont le succès n'a rien à envier au premier.
Au final, rien de neuf sous le soleil, sauf que le livre est court, bien écrit et qu''il touche un très large public. Mais alors pourquoi l''écoute-t-on maintenant ? Car Kempf est un écologiste. A l''époque du triomphe de la neutralité et du vide idéologique, la redécouverte des luttes de classes par un « naïf » est un gage de crédibilité. Il le dit lui-même, « je ne suis pas marxiste ». Les journalistes (toujours neutres évidemment) se rendent compte que la crise est grave car même les non-marxistes s''en plaignent ! (c'est que ça doit vraiment être grave...)
Et comment faire plier les riches et les puissants demande-t-on à Hervé Kempf ? En se battant pour réinvestir la démocratie car selon lui la démocratie serait le meilleur moyen de faire tomber les élites. Peut-être, mais le livre ne détaille pas assez cette solution. Il faudrait définir « démocratie », car on sait que l''oligarchie est arrivée au pouvoir par les urnes'. Pire, après l''avoir utilisée (détournée ?), le capitalisme financier n''a plus besoin d''elle et lui assène des coups fatals. Alors à quand un troisième livre qui réponde à la question : « quelle démocratie pourrait détruire l''oligarchie » ?