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Ce quatrième album symbolise le calme après la tempête de
Let There Be Rock et avant les ravages des cyclones que seront
If You Want Blood You've Got It et
Highway to Hell. Powerage contient tous les ingrédients d'une recette savoureuse. Voici un beau mélange de guitare brillamment minimaliste d'Angus Young avec une section rythmique dévastatrice et une production irréprochable faite par Harry "Easybeats" Vanda et George Young. Pourtant, il manque la magie et la force transcendante de titres comme "Whole Lotta Rosie" ou "TNT". Cependant un album moyen d'AC/DC reste un grand album de rock et la voix de Bon Scott sur le revendicatif "Riff Raff" vaut à elle seule six albums de Bon Jovi. --
Andrew Mueller
Critique
Difficile de dissocier cet album de son prédécesseur tant les mêmes remarques s’y appliquent. Comme l’écrivait Edwin Faust avec humour dans le magazine du Net américain Stylus en 2003 : « il y a deux sortes de gens dans le monde, ou plutôt trois : ceux qui pensent à tort que
Back In Black est le meilleur album d’AC/DC, ceux qui maintiennent que le groupe n’a jamais fait un bon disque (les connards), et enfin, ceux d’un club très exclusif de gars malins bien informés comme moi qui soutient avec une certitude absolue que
Powerage est son meilleur album. » Les frères Young ont d’ailleurs longtemps souscrit à cette affirmation, bien secondés par Keith Richards qui le citait comme son album de rock préféré, assurant ainsi sa promotion.
Powerage est à cette étape de leur carrière l’album le plus substantiel des musiciens et le plus mûr, sans céder à la prétention ou créer l’ennui ni perdre de la frénésie habituelle ; oh, on y évoque encore les filles, la bouteille et le bon temps, les allusions salaces fleurissent toujours, les riffs et les envolées de la Gibson SG d’Angus sont plus que jamais menaçantes, mais on discerne plus de nuances dans le chant de Bon Scott, tenant ainsi à nous faire comprendre qu’il croit fermement à ce qu’il avance. En effet, l’auteur aborde des thèmes nouveaux comme le pouvoir sous des formes variées (le terrible et déprimant
« Sin City » où Angus délivre l’un de ses meilleurs soli), celui de l’argent (
« Down Payment Blues »), la pauvreté (
« Riff Raff »), et le naufrage de son mariage en usant encore de métaphores et en jouant avec les mots comme dans le subtil
« Gone Shootin’ » ou dans
« Gimme A Bullet » et sa trouvaille des accords distordus des deux guitares tout du long. Le groupe le soutient admirablement, surtout grâce aux lignes mélodiques bien rondes du nouveau bassiste Cliff Williams ; c’est
l’album de Bon Scott. Ayant malgré tout rencontré un succès mitigé loin de ses attentes, le « clan AC/DC » décide d’abandonner le duo Harry Vanda & George Young pour se payer les services d’un producteur plus jeune et moderne : Robert Lange pour
Highway To Hell l’année suivante.
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story