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Son précis d'art guerrier, qu'il publie en 1836, résulte d'une longue expérience : conseiller militaire pour son pays, il combat aux côtés de Napoléon à Ulm, Iéna et Eylau. En 1813, il se tourne vers le tsar Alexandre et se joint aux batailles de Dresde et Leipzig. Il achève sa carrière à Paris – où il meurt âgé de 90 ans – comme conseiller, aussi bien auprès des armées suisses que françaises, russes et américaines.
L'originalité de sa pensée tient à sa volonté de l'exprimer en principes clairs et intelligibles, typiques du mode de pensée des Lumières. Sa conception en six branches dans l'art de la guerre – la politique de guerre, la stratégie, la grande tactique, la logistique, l'art de l'ingénieur et la tactique de détail – le fait souvent comparer à Descartes et Montesquieu. Cosmopolite avant l'heure, pragmatique convaincu, Jomini apparaît à bien des égards bien plus moderne qu'un Clausewitz. En atteste notamment sa défiance envers la conscription ou les guerres de masse aux échos singulièrement contemporains. --Sylvain Lefort


