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Qui connaît Jomini de nos jours ? Et pourtant, ce fut l'un des plus importants penseurs de la stratégie. L'US Army, pour ne citer qu'elle, doit tout son corps de doctrine à ce fabuleux militaire né en Suisse en 1779.
Son précis d'art guerrier, qu'il publie en 1836, résulte d'une longue expérience : conseiller militaire pour son pays, il combat aux côtés de Napoléon à Ulm, Iéna et Eylau. En 1813, il se tourne vers le tsar Alexandre et se joint aux batailles de Dresde et Leipzig. Il achève sa carrière à Paris – où il meurt âgé de 90 ans – comme conseiller, aussi bien auprès des armées suisses que françaises, russes et américaines.
L'originalité de sa pensée tient à sa volonté de l'exprimer en principes clairs et intelligibles, typiques du mode de pensée des Lumières. Sa conception en six branches dans l'art de la guerre – la politique de guerre, la stratégie, la grande tactique, la logistique, l'art de l'ingénieur et la tactique de détail – le fait souvent comparer à Descartes et Montesquieu. Cosmopolite avant l'heure, pragmatique convaincu, Jomini apparaît à bien des égards bien plus moderne qu'un Clausewitz. En atteste notamment sa défiance envers la conscription ou les guerres de masse aux échos singulièrement contemporains. --Sylvain Lefort
Présentation de l'éditeur
Jomini fut, avec Clausewitz, le plus grand penseur de la stratégie militaire au XIXe siècle. Chef d'état-major du maréchal Ney, observateur hors pair des campagnes de Napoléon, il explique dans ce traité à la fois les raisons qui conduisent à la guerre et les moyens de la faire. C'est pourquoi son livre nourrit depuis cent cinquante ans les réflexions des stratèges européens ou américains, car le Précis donne " les meilleures leçons pour soumettre à la raison la guerre et pour la faire ressembler le moins qu'il se peut à une uvre d'extermination et de carnage ".
--Ce texte fait référence à l'édition
Poche
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Quatrième de couverture
Dans cet essai limpide et rigoureux, Jomini expose, à la fois en théoricien et en praticien, les principes fondamentaux de la stratégie, en écartant les aspects tactiques liés aux circonstances. Avant d'étudier comment on fait la guerre, l'auteur explique pourquoi on la fait. Par là, il touche au grand problème du rapport entre les nations. Son traité est un véritable « discours de la méthode » militaire, qui tire au niveau intellectuel les enseignements des campagnes de Napoléon, que Jomini a analysées dans le reste de son oeuvre abondante. Ecrit avec sobriété, le Précis comporte néanmoins de nombreuses références historiques qui en facilitent la compréhension.
Le professeur Bruno Colson, spécialiste incontesté de polémologie, indique dans une substantielle préface combien fut et demeure immense l'influence de Jomini en Europe et plus encore peut-être aux Etats-Unis. Sainte-Beuve, qui fut son ami, écrivit après avoir lu le Précis: « Un maître qui a donné les meilleures leçons pour soumettre à la raison et donc pour diminuer la guerre, pour la faire ressembler le moins qu'il se peut à une oeuvre d'extermination et de carnage. »
L'auteur vu par l'éditeur
Né en Suisse dans le canton de Vaud, mort à Paris, officier successivement au service de la Confédération helvétique, de la France et de la Russie, Jomini (1779-1869), chef d'état-major de Ney sous l'Empire, fut alors surnommé le « devin de l'Empereur », tant il était capable d'anticiper sur la stratégie et la tactique de Napoléon. Général de grand talent, il est surtout le plus important penseur du XIXe siècle, avec son contemporain et rival Clausewitz. C'est en 1837, alors qu'il est gouverneur militaire des futurs tsars Nicolas Ier et Alexandre II, que Jomini fait paraître son texte majeur, ce Précis de l'art de la guerre.