Avec application, méthode, savoir-faire certain en communication, argent bien investi dans les agences de relation publique, une maîtrise de l'Internet, les ingrédients médiatiques du succès des Nuls tels que BHL, Alain Minc, Jacques Attali pour n'en citer que trois, Frédéric Beigbeder assure une aura qu'envierait une truie avant sa rencontre intime avec le boucher (ce parfum de scandale). Car en fait, Beigbeder est à la littérature ce que la tronçonneuse est au peintre. Beigbeder a du talent. Il parvient à faire croire qu'il est cultivé; mythe que n'importe quel papier de verre léger parvient à dénoncer.
Rappel pour ceux dont la mémoire flanche, qui sont honnêtement en recherche d'un vrai talent littéraire (il en existe tant actuels et passés pourtant ...), et ne sont en rien intéressés à plaire au réseau Beigbeder ; la critique de
Un roman français (pll) que je titrai sur ce site "Zozo est arrivé" :
"(...) Les goûts littéraires sont présentés à la manière d'un feu d'artifice Internet. Vous n'avez rien lu de ce dont vous parlez. Pas grave, citez pêle-mêle des noms d'écrivains aux consonances exotiques, anglo-saxonnes. Une pause. Qu'il est fort ce Zozo !
Beigbeder, dans la lignée de l'émission "littéraire" qu'il avait "animée" nous apprend que San Antonio (sic !) est un auteur de droite, comme Rabelais (!). Rabelais, un écrivain de droite !
Le délire, l'inculture et l'absence de syntaxe soutiennent péniblement la démonstration : Beigbeder appréciait ces écrivains de droite car ils sont rigolos (je cite) alors que les auteurs de gauche, Sartre, Camus ne le sont pas ... à l'exception précise-t-il des "Mots" et de "La Chute". Ces ouvrages seraient donc "rigolos". En quoi Céline, "écrivain de droite" peut-il être rigolo ? Troubles (mentaux). "
Deux années sont passées. Rien n'a changé. Le survol rapide de "Premier bilan après l'apocalypse" laisse au lecteur un goût de flottasse dans laquelle barboteraient quelques mouches à vinasse piégées que l'auteur ferait passer pour du Premier grand cru classé d'un millésime d'anthologie au plus raffiné des critiques oenophiles.
Recette pour composer en une journée n'importe quel type de bouquin du genre "premier de coulé" :
1 - pérégrinez sur Internet avec l'aide de google
2 - tapez les mots littérature, american litterature, etc.
3 - l'émerveillement vous saisira en passant en revue page après page des dizaines de noms aux consonances exotiques
4 - cliquez au hasard
5 - prenez n'importe quel texte de l'auteur sélectionné
6 - Réagissez à chaud
7 - Ecrivez quelques phrases lapidaires
8- Recommencez l'étape 2 plusieurs dizaines de fois
A la fin vous avez pondu un bouquin fourre-tout sans aucune trame, amalgame de tout et de n'importe quoi, mais enrichi de vos remarques forcément pertinentes car elles sont de MOI (dit l'auteur).
En quelques menues pages par tête de pipe / chapitre, vous donnerez l'illusion de maîtriser votre sujet à la manière d'un professeur au Collège de France qui se piquerait de fantaisie.
Laissez monter le désir de découvrir votre MOI profond en posant la question : l'ordre de présentation des chapitres relève-t-il de l'aléa ? ou bien est-il à considérer en mode crescendo de préférence de l'auteur ? ou bien ... suspense... en mode decrescendo ?
Vous épaterez "l'écrivain" en lui signalant les auteurs dont il ignorait jusqu'à leur identité la veille. Alors soyez subtils. Jetez en pâture quelques noms connus de tous. Cela vous donnera un air de type qui veut décomplexer son lectorat, se rapproche de lui dans un élan (de portefeuille) qu'il saura tant apprécier.
Mais cela ne sera pas suffisant. Il vous appartiendra de gérer votre relationnel et de passer sur les grandes ondes. Pour cela, il faut un talent affairiste certain et du fric ; ce qu'a manifestement l'auteur de "Premier bilan ...".