Preparadise sorry now. De brèves scènes à trois personnages, où chaque fois on est deux contre un : le fascisme banal, quotidien, et le fascisme pathologique, expérimental, sous le signe de Hitler et de Sade. Et çà et là une « liturgique » empruntée au cannibalisme chrétien : la sublime caution du fascisme social, du sadomasochisme universel. « Paradise now » clamait le Living Theatre : l antithéâtre noir de Fassbinder dit la réalité, sexe et pouvoir, de ce « préparadis » où nous sommes, humanité monotonement, sauvagement auto prédatrice. Du sang sur le cou du chat. Une héroïne de science-fiction, sortie d une bande dessinée, Phébé Esprit-du-temps, est venue d un astre sur la terre. « Elle ne comprend pas la langue des humains bien qu elle en ait appris les paroles. » De nombreuses mini-scènes forment un compendium de phrases plus ou moins mensongères, mais en tout cas vitales, qui critiquent le langage. La pièce se compose de trois groupes de matériaux : des monologues adressés à Phébé, qui ne les saisit pas ; des dialogues où Phébé apprend à reproduire des phrases ; des dialogues avec Phébé où elle emploie improprement les phrases apprises.