Dans les sillage lumineux de "Pet Sounds", Gary Usher et Curt Boettcher montent ce groupe de studio californien en 1967. Les deux hommes ont déjà de prestigieux CV, Usher ayant collaboré étroitement avec les Beach Boys (il est l'auteur de merveilles comme "In My Room" ou "409"), tandis que Boettcher est un producteur émérite (The Association, les Byrds de "Younger than Yesterday" ou "Notorious Byrd Brothers"), déjà remarqué pour son élégance pop classieuse et arty. "My World Fell Down", le single tiré de cet album, se hisse (seulement) à la 70ème place des charts pop US : c'est pourtant l'une des plus belles perles psyche-pop de l'époque, une merveille d'équilibre entre audace baroque expérimentale et sunshine-pop harmonieuse, entre légèreté toute californienne et symphonies alambiquées (le morceau mêle des sons de corrida et de carnaval à une exquise section de cordes).Cette merveille sonne exactement comme un classique perdu des Beach Boys de "Smiley Smile" ... le reste de l'album ne plane pas aussi haut, mais l'élégance pop des mélodies ainsi que la majesté des arrangements confèrent à ce disque la beauté désuette des oeuvres victoriennes."Another Time" est à elle seule une petite symphonie de grâce adolescente, tandis que " The Truth Is Not Real" est une sorte de féérie psychédélique aux couleurs sobres et délicates, presque pastellisées. Sagittarius ne connaitra pas le succès mérité, sans doute à cause du fait que ce groupe n'a jamais vraiment existé (c'était un pur projet de studio, tout comme le Millenium monté dans la foulée par les mêmes Usher & Boettcher), et que sa musique, trop irréelle et un brin surannée, est restée une sorte de musique de chambre, à l'image de ces rêves adolescents qui n'existent que dans la préciosité du secret qui les a vus naître ...
NB : à noter que cette édition est loin d'avoir les détails de l'édition "Sundazed" de référence : livret minimum et zéro bonus tracks ! Un peu comme si "Sundazed" proposait une version "Pléïade" tandis que Sony édite une version "Poche", plus économique, et néanmoins esentielle malgré la brièveté du propos (l'album ne dure qu'une petite demie-heure).