Le Concerto "Anne-Sophie" de Previn dédié à son épouse Anne-Sophie Mutter ressortit des nombreuses compositions néo-romantiques, animées d'une touche de modernisme lyrique et chantant. Il nous apparaît comme une sorte de tableau "Art Déco", qu'auraient pu inspirer bien des pages d'Alfredo Casella, d'Ernest Krenek voire de Darius Milhaud, ceci dit sans aucun accent péjoratif, bien au contraire !
Ce concerto, solidement construit sur un schéma classique, n'est pas précisément pour emporter d'emblée l'adhésion du public, mais gageons qu'une écoute renouvelée aura tôt fait de le familiariser puis de le convaincre.
Le dialogue du soliste avec l'orchestre, d'une intensité capricante, atteint à une expression sinon très neuve, cependant fort mouvementée. Parfois, et notamment au cours du second mouvement, l'auteur semble opiniâtrement rechercher sa voie, mais ce qui apparaît être qu'indécision trouve toujours une issue ingénieuse. Peut-être s'agit-il là d'une "astuce" permettant de tenir l'auditeur en haleine, un peu à la façon d'un bon scénario de polar ! !
La Serenade de Bernstein d'après le banquet de Platon est déjà bien servie par le disque et, d'emblée, le couple Previn-Mutter en offre une version de référence ! Nous avouons préférer la version plus "exaltée" de Joshua Bell mais ceci est fort subjectif car tout ici est fort convaincant, magnifiquement servi par un archet impérial et deux excellentes formations, un chatoyant Boston S O pour le Previn et le London S O pour Bernstein.
Somme toute, un bien beau CD !