Critique
Première impression : The Horrors jure à côté de tous les groupes rock de sa génération… Pas pop pour un sous, pas le moins du monde édulcoré, le quintette londonien préfère le noir, le son dur, sale, aux arrangements touffus, secs et primaires. Comme il l’avait montré sur son premier opus en 2007, The Horrors, malgré sa moyenne d’âge très basse (tous les membres du groupe sont nés entre 1983 et 1987) mise sur une musique dense, presque gothique et saturée au maximum.
Et le premier single («
Sea Within a Sea », huit minutes au compteur) confirme ce postulat de départ. The Horrors n’est pas là pour rigoler, ni pour signer un pacte avec le diable de la médiatisation coûte que coûte… Plutôt une bonne nouvelle donc. Entre post punk, new wave, garage rock emprunté aux années 60 et 70, shoegazing à la My Bloody Valentine, et voix incantatoire à la Ian Curtis de Joy Division, The Horrors livre un
Primary Colours aux contours sombres, pointus.
« New Ice age »,
« Three Decades » ou encore
« Who Can Say », le groupe propose une musique noire et puissante, rugueuse comme de la pierre ponce, et pas forcément très accessible.
Coller une étiquette musicale sur ce jeune groupe qui semble avoir digéré plus de trente ans d’une certaine branche dure du rock serait vain, tant chaque titre est un tiroir à références, admirablement bien maîtrisée. Un bon album. Et une vraie curiosité intemporelle.
Arnaud De Vaubicourt - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
3 ans après Strange House et sa déferlante de tubes les Londoniens de The Horrors font leur grand retour et quel retour! Ce second album, Primary Colours, est à mon goût est un des meilleurs opus sorti cette année en Angleterre. On jette le côté brouillon & violent du premier album pour plonger directement dans les méandres d'un second album extrêmement bon : production lêchée, chant & composition à un niveau dessus des précédents. The Horrors marque ici un tournant : l'album sonne très 80's époque NEU!, Jesus & Mary Chain ou encore par certains moments Joy Division. Mirror's Image, le premier morceau est une parfaite introduction : son synthé à la fois jouissif et gothique nous transporte aisément dans l'univers du groupe. Je me suis demandé par moment si j'étais pas finalement en train d'écouter quelque chose de déjà fait mais non. Je crois bien qu'ils nous amènent au delà des espèrances et de ce qu'on attendait d'eux. S'en suivent les titres New Ice Age, Primary Colours, I Only Think Of You ou encore l'excellent Sea Within A Sea qui font tous penser à l'époque Sonic Youth, Velvet Underground, Siouxsie.. Les Londoniens emmenés par le grand Faris dégage donc à coup de pieds tous ces groupes à pétards mouillés qu'on a l'habitude d'écouter. Avec ce deuxième album ils montrent de quoi ils sont capables et se destinent à un brillant avenir à n'en pas douter.