C'est peu dire que ces "horreurs" ne m'avaient pas laissé un souvenir impérissable. Un look de Scissor Sisters qui auraient laissé tomber John Waters pour George Romero, un album-pastiche de psychobily- goth sympatoche mais juste sympatoche qui fut précédé à l'époque par une hype qui s'avéra tenir plus du pétard mouillé que de la bonne grosse charge de TNT, et, il est vrai, des prestations live vantées comme exceptionnelles (je les ai raté aux Trans et il parait que j'ai loupé quelque chose). Mais les bons groupe de live ne font pas forcément les bons albums, demandez un peu à Dionysos...
Sauf que là, pardon, c'est quand même la claque. Est-ce parce que je n'en attendais rien? Possible. Mais pas seulement. D'abord, je fis connaissance avec cette pochette "pornographiesque" sur les différents blogs et je me dis "tiens ils sont encore là eux?". D'autant que ces même blogs se répandent depuis en dithyrambes enflammés, imités aussitôt par les hauts tenants de la presse écrite spécialisée. A ce stade, je me dis que l'affaire est d'importance et me décide à écouter cette fameuse 2ème galette miraculeuse.
Alors bien sûr, ces grands échalas n'inventent pas le fil à couper l'eau chaude en revisitant ce post punk circa 1978 1982 comme la moitié des groupes indés de ces 8 dernières années. Sauf que le post punk, bien que s'étalant à l'époque sur une toute petite période, fut d'une richesse et d'une variété inouie: quoi de commun entre Orange Juice, Minimal Compact et The Sound?
Car c'est bien de ces derniers dont il s'agit ici, même si j'aurais pu également citer les excellents Sad Lovers and Giants. Et là je suis désolé mais je connais peu de groupes récents s'étant inspirés de ces groupes où l'ambiance prime sur les mélodies faciles et évidentes, et dont les albums sont à envisager comme un tout et non comme une succession de singles.
"Primary Colours" ressemble à une nuit de tempête, tous ses titres s'enchainent à la perfection et la prod' est énorme avec un son à vous décaloter la boite crânienne.
Perso, il ne m'en faut pas plus car je privilégie toujours l'efficacité à l'originalité ce qui fait que je n'échangerais jamais un Primal Scream contre 10 barils d'Animal Collective.
Pour moi, ce sera donc un grand OUI à l'endroit de ce groupe ressuscité dont j'attends le concert à La Route du Rock avec impatience.