On peut tout à fait considérer Frederick Winslow Taylor comme le fondateur de l'O.S.T. (l'organisation scientifique du travail). Les idées présentées dans ce petit ouvrage (1911) nous éloignent d'une certaine caricature (cf. Chaplin, les temps modernes, 1936) qui ne me semble pas méritée. Le fil directeur qui guide l'auteur est, dès le départ, une conception parfaitement scientifique des processus productifs, conception visant à se substituer aux anciennes méthodes empiriques (rule-of-thumbs methods) basées sur l'expérience personnelle des travailleurs.
Divers exemples pratiques sont successivement présentés : la manutention des fondeurs, le travail des tourneurs, celui des maçons concernant l'édification des murs de briques, le pelletage, le tronçonnage de métaux et enfin la vérification des billes d'acier pour roulements. Le but de la nouvelle méthode est de produire plus vite et mieux, donc moins cher pour le bénéfice de toute la société. La science, fille des lumières, est donc au centre de la démarche. Que se profile derrière l'apparente neutralité de la technique une forme plus scientifique de l'exploitation capitaliste des travailleurs ne change rien à l'affaire. Technique scientifique, efficacité, productivité accrue forment ici un mélange homogène qui ne peut plus être décomposé. On ne peut en rejeter une partie sans jeter la science avec. A méditer.
Commentaire rédigé à partir de l'édition de la petite collection "Forgotten Books" (Amazon.uk). 116p. Ne semble hélas plus édité en français.