Après le départ de John Norum et la production de
Out of This World, Europe connaît une sérieuse « crise de foi ». Trop glam, trop paillettes, trop FM en somme : le groupe a été artistiquement cannibalisé par son leader Joey Tempest, créant déceptions et remous au sein de la formation. Certes, Joey Tempest avait été la colonne vertébrale d’Europe, mais en l’absence de John Norum, le groupe ressemblait désormais à un canard sans tête, encore capable de courir, mais ne sachant plus vraiment dans quelle direction avant de tomber inerte.
Le chanteur lui-même n’est d’ailleurs pas le dernier à penser que son groupe s’était bien trop compromis avec Epic, n’ayant pas su dire « non » à certaines propositions des différents producteurs du label. Retour aux sources, donc, avec ce
Prisoner in Paradise, résolument plus hard rock que ses prédécesseurs.
Artistiquement, le pari est réussi car des morceaux comme
« Halfway to Heaven » ou
« Bad Blood » n’ont rien à envier aux premières prestations d’Europe. Commercialement, en revanche,
Prisoners in Paradise ne fut qu’un demi-succès.
Certes, un million d’exemplaires vendus est un score qui peut faire rêver nombre de groupes, mais pas les auteurs de
The Final Countdown. Aussi iconoclaste que cela puisse paraître, c’est sur cet authentique succès artistique que l’un des groupes emblématiques des années 1980 choisit de se séparer.
(Pour anecdote : le disque est sorti en même temps que le
Nevermind de Nirvana, disque qui déclenche le tsunami grunge, lequel achève de ravager les vestiges des années 80 – pop synthétique et hair metal – dont Europe était l’un des représentants).
Benjamin D'Alguerre - Copyright 2012 Music Story