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Préoccupé de peu de choses hormis ses chaussures, la perspective de se pendre au seul arbre qui rompt la monotonie du paysage et Vladimir, son compagnon d'infortune, Estragon attend. Il attend Godot comme un sauveur. Mais pas plus que Vladimir, il ne connaît Godot. Aucun ne sait au juste de quoi ce mystérieux personnage doit les sauver, si ce n'est peut-être, justement, de l'horrible attente. Liés par un étrange rapport de force et de tendresse, ils se haranguent l'un et l'autre et s'affublent de surnoms ridicules. Outre que ces diminutifs suggèrent que Godot pourrait bien être une synthèse qui ne se réalisera qu'au prix d'un anéantissement, Didi et Gogo portent en leur sein la répétition, tout comme le discours de Lucky, disque rayé qui figure le piétinement incessant auquel se réduit toute tentative de production de sens.
Cette pièce composée en 1952, quinze ans avant que Beckett ne soit couronné par le prix Nobel de littérature, est un tour de force qui démontre les profondeurs que peut atteindre un langage en apparence absurde. --Sana Tang-Léopold Wauters --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
La tragédie de l'attente,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : En attendant Godot (Broché)
D'une apparante simplicité, "En attendant Godot" est en réalité une oeuvre d'une richesse incroyable. Le génie de Beckett est d'avoir créé une oeuvre plurivoque, avec différents niveaux de sens et différentes interprétations. Une oeuvre qui n'a pas fini de nous questionner. Une oeuvre dans laquelle chacun peut trouver un sens.Profondément ancrée dans l'époque où elle a vu le jour (1952), la pièce reste pourtant incroyablement moderne. Sans doute parce qu'elle évoque des thèmes universels : l'homme sans dieu, des temps et espaces incertains, l'humain et l'inhumain en chacun d'entre nous, la menace du silence et le vide des paroles, l'indicible ou la mort, la fin ou l'éternel recommencement. Beckett interroge mais n'apporte pas de réponse. Où le lecteur peut-il trouver les réponses ? Est-ce en lui ? Est-ce en "Godot" ? Mais qui est Godot ? Je recommande après une première lecture de lire le "Profil d'une oeuvre" qui éclaire le texte. Puis de relire la pièce. A lire et à relire. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
l'essence de la tragédie,
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Minimaliste et contraignant, tel est Beckett. Il faut connaître l'Irlande pour comprendre pleinement la matière de sa pièce: là-bas, des masses de gens attendent... quoi? une raison de vivre? du travail? Dieu? Attitude culturelle propre aux pays du Tiers-Monde, l'attente est ici élevée à la hauteur d'une métaphysique. Ce qui permet, inversement, de relativiser la métaphysique. Procrastination essentielle de l'action et de la vie. J'avoue qu'une tragédie sans peplum me plaît.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Théâtre de l'absurde,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : En attendant Godot (Broché)
Samuel Beckett dans cette pièce de théâtre qu'il écrivit en français, à Paris en 1953, me parait révélatrice du théâtre de l'absurde comme l'illustrait à cette même époque Eugène Ionesco, notamment dans La cantatrice chauve suivi de La leçon et Rhinocéros.Qui est Godot ? Un jeu de mot sur God suivi d'un diminutif ? Samuel Beckett refusera cette interprétation. Ou bien Godasse ? Il est vrai que Estragon, l'un des deux rôles majeurs de cette pièce se plaint systématiquement de ses chaussures, qui sentent mauvais, sont trop étroites, sont d'une couleur sale quand elle ne s'altère pas dans le second acte, l'amenant à ne plus les reconnaître. Perte de mémoire. Estragon perd la mémoire du jour passé. Vladimir en a une en revanche dont il use avec parcimonie pour conserver l'amitié de Estragon. Tous deux attendent un personnage mythique, fruit de leur imaginaire ?, Godot. Questions posées sur le sens de notre passage sur Terre, sur notre vie, déserte à l'image du décor : un plateau avec un arbre squelettique. Samuel Beckett, dans une lettre à Michel Polac, écrite en janvier 1952, en réponse à une question sur le sens de cette pièce, écrit : " Je ne sais pas plus sur cette pièce que celui qui arrive à la lire avec attention. [...] Je ne sais pas qui est Godot. Je ne sais même pas, surtout pas, s'il existe. [...] Quant à vouloir trouver à tout cela un sens plus large et plus élevé, à emporter après le spectacle, avec le programme et les esquimaux, je suis incapable d'en voir l'intérêt. Mais ce doit être possible." (en quatrième de couverture) L'interprétation sur scène doit révéler avec certitude des sens qui échappent à la lecture, tant le jeu des acteurs est minutieusement décrit dans son apparente désorganisation voire folie. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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