(Commentaire d'après les originaux "Inspecteur Resnick" en anglais; on me dit que les traductions françaises sont excellentes.)
Pour vous situer l'Inspecteur (Commissaire) Resnick, il vit et picole (pas mal) entouré de ses chats : Dizzy, Miles, Bud et Pepper, tout en se nourrissant de sandwichs vites faits mais gastronomiques à tendance polonaise, qu'il se prépare (quand il a le temps) avec amour.
Divorcé (bien sûr), il a cassé son tirelire un Noël pour s'acheter en promo l'intégral de Billie Holiday, bien que ne possédant pas encore de lecteur CD.
Vous voyez le type de mec...
Le Nottingham où il exerce sa profession n'est plus du tout celui de Robin des Bois, mais une des villes les plus dures de l'Angleterre, ou la pauvreté, le chômage et (donc) le crime sévissent partout dans ses cités sordides. Mêmes ses autrefois glorieuses équipes de foot jouent désormais en divisions inférieures.
On sent que la patte de Mme Thatcher est passée par là, en laissant son odeur fétide.
Au commissariat, il y a des bons et des moins bons; ils font ce qu'ils peuvent, tout en faisant face (ou en ne faisant pas) à leurs propres démons.
Cette histoire, comme les autres de Resnick (qui couvrent, si je ne me trompe, une bonne décennie), est un bijou du réalisme policier (et sociologique) britanniques, qui vous prend les tripes du début jusqu'à la fin.
Amateurs des polars "vrais" (Agatha Christistes ou Inspecteur Morsistes s'abstenir), précipitez-vous sur les "Resnick", dont l'exemple présent figure parmi les meilleurs.
Qui traite en plus, avec un jeune trouvé mort dans un centre pour jeunes "asociaux", d'une actualité involontairement brulante : que doit faire la société de ses délinquants mineurs?
Les empêcher de nuire, certes; mais les offrir en pâture aux perversités des systèmes carcéraux, aussi?