Prodigieux dans Prokofiev, virtuosité, atmosphère, couleur, tout est là, et cela justifie amplement l'acquisition du CD, par contre, dans Ravel, on est à côté de la plaque, de la fadeur au contre sens permanent: pas d'âme, pas de climat...comparez, même rapidement, avec Bavouzet, ou encore Aimar/Boulez, Zimmerman/Boulez et ne parlons pas de l'indépassable Samson François, oui même du fantasque et fou Bernstein... ce concerto en sol est bien plus subtil à interpréter que n'y parvient ce brave Yundi...il n'est pas le seul: la cohorte des interprétations ratées est très longue, et les solistes prestigieux y sont nombreux: Grimaud, El Bacha, pour ne citer que deux pianistes à qui, par ailleurs, je dois de grandes émotions et que j'apprécie au plus haut point...
Il n'y a certes, pas une façon unique d'interpréter ce concerto, et qui, dans des univers différents, peuvent tirer vers le sombre, le jazzy, l'impalpable, mais il en est que "c'est pas la peine". Yundi Lee a commis une de celles là.