Il n'est pas très difficile de dire un mot de ces enregistrements: ils sont captivants, et ils n'ont pas pris, musicalement parlant, une ride. Les interprétations sont très affûtées. D'ailleurs, Argerich a toujours excellé dans ces musiques. J'ai eu la chance de l'entendre au concert, bien plus tard, dans le Concerto en sol, et c'est toujours magique. Son piano griffu fait merveille dans Prokofiev aussi. Abbado est ici un partenaire sans reproche. La Philharmonie de Berlin, comme en se jouant tellement à ce niveau tout est facile, exauce tous ses désirs. Alors bien sûr dans Ravel il y a Samson François, récemment Zimerman, et dans Prokofiev Kapell (le disque de studio, et le live chez Music& arts avec Stokowski). Mais il y a aussi ce disque fait par des gens qui étaient jeunes, qui débordaient de vie et de talent, et qu'on réécoute aujourd'hui comme on revoit un film où des acteurs promis à un grand avenir donnent tout ce qu'ils ont avec une insolente insouciance.