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Prokofiev : Intégrale des Symphonies
 
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Prokofiev : Intégrale des Symphonies [Coffret, CD]

Gennady Rozhdestvensky CD
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Détails sur le produit

  • Orchestre: Orchestre symphonique du ministère de la culture USSR
  • Chef d'orchestre: Guennadi Rojdestvenski
  • Compositeur: Serge Prokofiev
  • CD (23 février 2011)
  • Nombre de disques: 3
  • Format : Coffret, CD
  • Label: Melodiya
  • ASIN : B004FSJPG8
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (4 commentaires client)
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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une des meilleures intégrales, 28 juin 2011
Par 
Henrard "ivan henrard" (france) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prokofiev : Intégrale des Symphonies (CD)
Né en 1931, spécialiste du répertoire russe du XIXe et surtout XXe siècle, Guennadi Rojdestvenski était l'ami de tous les compositeurs importants de son pays, notamment Dmitri Chostakovitch, Alfred Schnittke, Sofia Goubaïdoulina, Edison Denisov, et proche des plus grands instrumentistes, notamment David Oïstrakh et Mstislav Rostropovitch. À l'aise également dans le répertoire romantique et post-romantique austro-germanique, il enregistra une étonnante intégrale des onze symphonies d'Anton Bruckner. Très précoce, le chef fut surnommé « super-génie » par Sergueï Prokofiev alors qu'il avait à peine vingt ans.
L'un de ses plus beaux titres de gloire lui vient de sa spécialisation dans la musique de Prokofiev qu'il défend avec une ardeur peu commune, ayant fait découvrir des pages oubliées comme les deuxième et troisième symphonies et enregistrant une quasi-intégrale discographique de ce compositeur.
La symphonie nu fut pas le genre de prédilection de Prokofiev, ce pianiste prodige, génial compositeur de musique de films et de ballets. Pourtant, certaines d'entres elles sont à plus d'un titre des chefs d'oeuvres.
Ainsi La Cinquième symphonie en si bémol majeur, opus 100 (1945) est la plus vaste et par certains aspects la plus grandiose de ses sept symphonies. À l'instar de la Septième symphonie de Chostakovitch et de la Symphonie n° 2 de Khatchatourian, c'est une aeuvre « patriotique » et « de guerre ».
Les mouvements centraux sont les plus personnels : l'allegro est du « pur Prokofiev » : sarcastique, mordant, puissamment rythmé ; l'adagio est quant à lui une longue plainte tantôt déchirante, tantôt glacée, quelquefois aux limites de la tonalité. C'est le plus mahlérien des mouvements jamais écrits par le compositeur. Le premier mouvement constitue un portail somptueux mais un peu pompeux, plein de menace sourde et de résolution héroïque, faisant appel à d'impressionnants alliages de cuivres et de cordes, tandis que le dernier mouvement célèbre, avec une joie entraînante mais d'une légère vulgarité (dont il est impossible d'évaluer sincèrement le degré d'ironie), le triomphe des forces du Bien.
Cette version mythique des symphonies de Prokofiev nous est rendue dans un son remastérisé et d'une qualité absolument superbe (années 70) Le chef possède une vision contrastée, dramatique et acérée, à ranger à coté de la version plus moderne de Gergiev, policée d'Ozawa, élégante et peut être supérieure de Martinon, nordique de Jaarvi.
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21 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 DU DANDY PARISIEN à « SERGE ET LE LOUP », 15 avril 2011
Par 
Gérard BEGNI (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prokofiev : Intégrale des Symphonies (CD)
LES TROIS PILIERS DE LA MUSIQUE

La plupart des grands compositeurs après Haydn (à quelques exceptions notables, comme le pianiste Chopin) ont considéré que le summum de leur art était un tripode : l'intellectualité avec le quatuor à cordes ; le dialogue absolu avec l'interprète avec la sonate pour piano ; et le genre le plus extériorisé, traduisant l'art de faire s'exprimer plusieurs dizaines de musiciens et un `chef' ensemble : la symphonie, particulièrement exigeante tant dans ce qu'elle a de plus extérieur : l'orchestration, que de plus intime : la solidité de l'architecture. Si le quatuor est une affaire d'ascèse, la symphonie est souvent une affaire d'ivresse. C'est pourquoi la plupart des compositeurs abordent le quatuor plus tard dans leur carrière (avec des exceptions notables : Schoenberg, Berg, Webern, Milhaud, Chostakovitch, pour rester au XX° Siècle). Ils écrivent en général assez tôt leur première symphonie, quitte à en être insatisfaits, à la déchirer ou la transformer (ex : Brahms, dont vraisemblablement le 1° Concerto provient d'une hypothétique première symphonie).

Il est bien évident que les Russes adorent la symphonie (même travestie en poème symphonique), ainsi que la sonate pour piano (éventuellement travestie aussi) et connaissent parfaitement l'introspection (ah ! l'âme slave !) mais l'intellectualité du quatuor semble peu leur convenir, ou lorsqu'ils s'y consacrent, leurs quatuors sont faibles. Borodine et Chostakovitch y font exception, mais Tchaïkovski (ses quatuors n'ajoutent rien à sa gloire), Rimski-Korsakov, Scriabine, Rachmaninov Prokofiev répondent bien à cette considération. On pourrait dire de manière très symbolique que Scriabine et Rachmaninov sont des Chopin qui ont écrit trois symphonies (plus un penchant plus prononcé vers la sonate pour le premier, vers le concerto pour le second).
Dans ces conditions, rien d'étonnant à ce que les symphonies qui jalonnent la carrière d'un compositeur ne constituent d'une part le point focal des aeuvres de la période durant laquelle il l'a composée, et d'autre part ne reflètent celles-ci, ou d'autres partitions plus ou moins lointaines. Tel est bien le cas de Prokofiev, à quelques nuances près.

PROKOFIEV et ses SYMPHONIES : du DANDY PARISIEN à « SERGE et le LOUP »

Le début de carrière du jeune Prokofiev à Paris a fait de lui le second révolutionnaire musical russe d'avant guerre, derrière Stravinski évidemment (je mets à part Scriabine, qui relève de questions très particulières). Mais autant le Sacre du Printemps pouvait laisser présager un `challenger' parisien de la `deuxième école de Vienne' en émergence et non le pape du néo-classicisme qu'il allait devenir, autant inversement le jeune Prokofiev laissait voir à ceux qui savent écouter et lire un goût très classique de l'harmonie et de la construction, certes parés de toutes les outrances modernistes que la révolte sincère contre le postromantisme et l'impressionnisme exigeait. Son fils disait finement « il compose ses aeuvres comme tout le monde, ensuite il les `prokofieffise' ». On ne s'étonnera donc pas que la célèbre `première symphonie' ne soit un pastiche remarquablement réussi de Haydn, à en faire pâlir de jalousie rétrospective le compatriote Stravinsky, et la deuxième symphonie une de ses aeuvres les plus dissonantes, mais somme toute un `remake' de la dernière sonate beethovénienne, à savoir un allegro de sonate suivi d'un thème et variations. ET finalement l'analyse montre que ces dissonances ne sont pas si "méchantes" que çà.
On voit les références et jeux de miroir complexes : la première symphonie renvoie au premier Concerto de violon, au troisième concerto de piano ; la deuxième à la suite Scythe, la toccata, les deux premiers concertos de piano.

Les troisième et quatrième symphonies sont quasiment des autoréférences : la première dérive d'un opéra, l'Ange de feu. On aurait pu penser que cette histoire médiévale de magie et de fantômes était complètement étrangère à l'esprit de Prokofiev. EH bien non : l'atmosphère est remarquablement rendue (on penserait à Owen Wingrave ou `The turn of the screw' de Britten, dans un style différent naturellement) et les cellules mélodico-harmoniques sont du plus pur Prokofiev. La quatrième symphonie est écrite à partir d'un ballet et naturellement référence tous les ballets, excellents ou moins bien réussis, qui vont jalonner la carrière du nouveau Prokofiev ......

...... Car le Petit Père des Peuples et sa meute de propgandistes et d'espions veille. Après l'hémorragie d'artistes qu'a provoquée la Révolution d'Octobre, quelle aubaine (l'efficacité de la propagande soviétique aidant) que le retour au bercail d'un des enfants prodigues (et prodiges...). Déguisé en bonne vielle grand-mère, le loup Staline attirera le naïf Serge qui s'apercevra trop tard hélas que la grand-mère avait de grandes dents... Au début, tout ira à peu près bien. L'idéologie du régime que Prokofiev digèrera à sa façon et son sens du classicisme et des longues mélodies se retrouveront en phase dans la célèbre cinquième symphonie. Il est de bon ton dans les milieux qui croient faire l'opinion de déplorer l'influence `normative' que l'idéologie soviétique a eu sur cette symphonie. A mon humble avis, c'est injuste. Cette aeuvre a beaucoup de souffle, et la « classicisation » de Prokofiev est infiniment plus généreuse, spontanée, convaincante que celle de l'antisoviétique virulent Stravinski.

Mais les choses se dégraderont très vite. Serge était entre les dents du loup ... et aucun chasseur à l'horizon. Harcelé par la Pravda, par l'Union des compositeurs, il réagira encore plus mal que Chostakovitch. Il deviendra maladivement anxieux. Sa sixième et sa septième symphonie sont incontestablement des aeuvres d'un grand compositeur qui vivait à Moscou et s'appelait Serge Prokofiev. Elles méritent le respect et non l'oubli. Mais un ressort est cassé.

Le 5 mars 1953, deux hommes mouraient. Un certain Joseph Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous le nom de Staline. Un certain Serge Prokofiev, compositeur de son état. L'histoire de Serge et le loup ne s'est pas terminée comme on aurait pu le souhaiter.

CETTE INTEGRALE

Je pense qu'il n'est pas nécessaire de tisser à l'infini des considérations à l'eau de rose sur la fameuse `âme slave' qui réunirait Rojdestvenski et Prokofiev dans une fumeuse communion artistico-mystique. Certes, il est naturel que Rojdestvenski soit particulièrement à l'aise dans les aeuvres de ses compatriotes, et même dans ses partitions les plus cosmopolites, il y a toujours un petit je-ne-sais quoi qui fait que Prokofiev n'échappe pas à ses racines culturelles. Mais inutile de recourir au flacon d'eau de rose. Rojdestvenski est techniquement un immense chef d'orchestre, qui sait appréhender du moindre détail d'une partition (celui auquel l'auditeur est généralement le plus sensible) à son architecture générale (celle qui fait qu'à la fin de l'exécution le même auditeur a le sentiment d'avoir entendu une grande chose). Naturellement, Rojdestvenski a cette autorité naturelle qui fait que tant chaque instrumentiste que l'orchestre dans son ensemble traduit sa vision avec une absolue fidélité. On peut ne pas aimer le style Prokofiev, mais il est incontestable qu'il se fonde sur une architecture d'acier - généralement très classique - qui soutient des formules mélodico-harmoniques très particulières et caractéristiques. Rapprocher ces deux considérations montre que Rojdestvenski est fait pour diriger Prokofiev, même s'il était Péruvien ou Zaïrois..... et l'écoute confirme ce que la raison laisse deviner. Si vous voulez un Prokofiev fait de clinquant artificiel, de dissonances mises en valeur plus que de raison, ce n'est pas cette intégrale qu'il faut acheter. Si vous voulez entendre la voix unique d'un homme qui est passé des salons des dandys parisiens aux foudres des chiens de garde de Staline sans perdre sa voix profonde et sa solidité de constructeur, alors je pense que peu de chefs vous convaincront autant que Rojdestvenski.
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15 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Superbe, 26 mars 2011
Par 
Prevost Alain (Bordeaux) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Prokofiev : Intégrale des Symphonies (CD)
...ou le plaisir de redécouvrir Prokofiev! Voici un coffret absolument indispensable. La direction de Rojdestvensky est fouillée, "allante", indiciblement "russe". La prise de son est très belle et on entend ici une foule de détails qui passent inaperçues dans les versions occidentales dont le principal défaut est souvent de trop alourdir le trait. Jamais je n'ai entendu Prokofiev dans une telle plénitude avant de découvrir ces sublimes enregistrements. Un régal dont il ne faut absolument pas se priver! A consommer sans modération!
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