On retrouve dans "Promets-moi" la veine à laquelle Kusturica nous a habitués depuis "Underground": omniprésence de la musique, humour irrésistible qui engendre une franche hilarité, beauté des personnages féminins, solidarité entre l'homme et l'animal, capacité à traiter par le rire et par le rêve des sujets tragiques (la guerre dans "Underground", la pauvreté dans "Chat blanc, chat noir", l'amour impossible dans "La vie est un miracle", le trafic de femmes dans "Promets-moi"), onirisme rarement égalé au cinéma. On a juste l'impression, dans "Promets-moi", que le beau temps commence à succéder à l'orage, que la reconstruction dans la paix succède aux destructions de la guerre: la note d'optimisme est plus grande que dans tous les films précédents, et, par sa volonté opiniâtre de tenir la promesse faite à son grand-père, le jeune héros du film se créera les conditions d'un avenir meilleur que ne pouvaient qu'espérer les protagonistes des précédents films de Kusturica.