C'est avec la même pénétration compréhensive et teintée d'humour que Simon Leys visite le monument aujourd'hui délaissé qu'est devenu Victor Hugo; qu'il montre comment Don Quichotte, en voulant élargir la réalité à la dimension de son rêve, a échappé à son créateur; ou qu'il analyse la manière de commencer un roman par une première phrase inspirée qui appâte le lecteur. Nés, au hasard des jours, d'invitations diverses, les essais ici rassemblés témoignent d'un amour profond de la littérature. On y retrouve aussi la lucidité qui a fait le prix de la célèbre trilogie : Les habits neufs du Président Mao, Ombres chinoises et Images brisées.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un petit livre délicieux sur Gide, Hugo et Cervantes,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Protée et autres essais (Broché)
La biographie d'écrivain est un genre souvent rasoir. Simon Leys le souligne lui-même, les années les plus fécondes de Victor Hugo, par exemple, tiennent en une phrase : il a regardé la mer et il a écrit.Cet essai est en fait une tentative de renouveler le genre, et une tentative passionnante. Elle est courte, mais s'appuie sur une connaissance profonde des trois portraiturés : Gide, Hugo et Cervantes. Gide est traité sous forme d'abécédaire, mais il serait franchement dommage d'en dire plus au futur lecteur. Prévenons seulement les amis de ce cher André qu'ils auront des surprises, pas forcément excellentes... Les essais consacrés à Cervantes et Hugo sont plus classiques sur la forme, mais tout aussi drôles et subtils. Hugo : comment un homme peut-il contenir à la fois tant de génie et de bêtise grandiloquente ? Cervantes : qui, plus que lui, a haï le personnage de Don Quichotte ? Du reste, même si ces trois écrivains vous indiffèrent, lisez ce "Protée" pour le réjouissant essai sur les premières phrases de roman. Il prouve qu'existent encore des intellectuels francophones cumulant humour et érudition. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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