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Comme
Clandestino,
Proxima estacion : esperanza est un disque de voyage qui en appelle à la fête et à la danse, truffé d'histoires et de musiques qui s'enchaînent sans temps mort, carnet de notes prises sans se presser, au hasard de rencontres où sont célébrés la Jamaïque, l'Amérique latine et l'Algérie. L'ensemble est conçu comme une seule chanson, aussi serait-il un peu idiot d'en isoler une parmi tant d'autres – bien que certaines s'avèrent entêtantes comme "Homens" où toaste une jeune chanteuse carioca sur "King Of Bongo". C'est la fluidité qui domine – pas de rupture de ton, donc – avec juste une idée dans la tête de Manu Chao, l'espoir qui, ce n'est probablement pas un hasard, est aussi le nom d'une station de métro à côté de laquelle il allait enregistrer à Madrid. Deux ans et demi ont passé depuis le premier album que celui-ci recycle en partie, pour le plus grand plaisir des aficionados. Partout, des cuivres offrent une coloration chaleureuse et globalement plus festive que sur
Clandestino. Mais chez cet éternel optimiste au réalisme aiguisé, nonchalance et mélancolie pointent toujours leur nez, par surprise, quand on les attend le moins. Un pur bonheur.
--Hervé Comte
Platine
Après le triomphe absolu et planétaire (Europe, Amérique du Sud...) de son premier album solo
Clandestino (1998), écoulé à plus d'un million d'exemplaires rien qu'en France, l'ex-leader de la Mano Negra, rebaptisé le super-Chango par un quotidien argentin ("super gamin". À quarante ans, il doit faire des envieux...), nous remet le couvert avec un deuxième opus qui, jusque dans sa pochette très colorée, ressemble comme un jumeau à son prédécesseur. Comprenez par là, qu'escorté de son fidèle complice Renaud Letang, le très charismatique chanteur s'est employé à confectionner dix-sept chansons en forme de bric-à-brac musical, très joyeux et savamment orchestré, où se mélangent les langues (français, espagnol, portugais, arabe, anglais, et même "portugnol"...), les instruments les plus insolites et surtout de jolies images rapportées de ses nombreux voyages à travers le continent sud-américain. Rédigé comme un carnet de voyage, l'ensemble est, une fois encore, habilement épicé avec une énergie et un optimisme à revendre. Bref, c'est à peine si ce nouvel opus se distingue par un petit supplément d'allégresse et d'espoir de
Clandestino, plus grave et mélancolique en dépit de sa légèreté apparente. Certains regretteront d'ailleurs ce manque de renouvellement dans l'inspiration. D'autres se diront aussi agacés de constater à quel point le sympathique troubadour, aux idées certes larges et généreuses, s'est retrouvé (presque à son insu et avec le soutien d'une certaine presse,
Libération en tête...), véritable maître à penser de toute une génération en panne d'idéologies et de convictions politiques. C'est effectivement dommage, le mélange des genres (en gros : artiste et politicien) n'ayant jamais mené bien loin dans l'histoire de la chanson. Toujours est-il que cet
Esperanza, s'il s'avère moins surprenant que
Clandestino, devrait trouver un large public avide d'évasion et d'exotisme, celui-là même qui a fait un triomphe au Buena Vista Social Club ou à Cesaria Evora.