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Psalm 69 : The Way To Succeed and The Way To Suck Eggs

Ministry CD
4.7 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)
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Le titre même de cet album est une énigme. Car l'inscription imprimée sur le livret semble imprononçable, à moins peut-être d'avoir une formation mathématique poussée. Par facilité, Psalm 69 est généralement choisi comme désignation. Reste qu'un autre titre circule : The Way To Succeed Or The Way To Suck Eggs, jeu de mots plus que douteux démontrant bien l'humour décalé de Ministry. Pourquoi s'attarder sur ce détail ? Parce qu'il est symbolique de la musique d'Al Jourgensen et Paul Barker : étrange, alambiquée, noire mais non dépourvue d'humour. Et c'est exactement comme ça que se présente cet album. Des morceaux cultes et hyperviolents tels "Just One Fix" et "New World Order" cohabitent avec des titres plus profonds et plus lourds, à l'image de "Psalm 69". On trouve même des envolées quasiment lyriques sur "Scarecrow". Quant à l'humour cité plus haut, il suffit d'écouter "Jesus Built My Hot Rod" pour se convaincre de son existence. Avec Psalm 69, Ministry pose les limites du metal industriel, amenant le genre à son apogée. Inimitable, et indispensable. --Romaric Bullier

Critique

A l’époque où paraît Psalm 69, le grunge est à son apogée. Les apparences semblent favorables aux Etats-Unis, après la chute de l’URSS et la victoire en Irak. Mais si toute une partie de la jeunesse américaine se reconnaît dans le désenchantement et les saturations de Nirvana, Alice In Chains et consorts, ce n’est pas anodin. Douze années de conservatisme et de libéralisme débridé (Reagan puis Bush père) ont laissé des traces : chômage de masse et jeunesse désœuvrée, résurgence de discours religieux rigoristes dans la sphère politique, émergence d’une censure qui ne dit pas son nom.

Fondateurs et tenants d’un indus-metal radical, Al Jourgensen et Paul Barker ne sont pas du genre à ménager leur public avec de douces mélopées. Il s’agit de réveiller les consciences, de déranger, d’instiller la révolte. Déjà auteur de quelques albums bruitistes et novateurs, Ministry n’avait en fait jamais sonné aussi extrême sur la durée d’un disque entier. Psalm 69, leur 5ème album studio est l’expression furieuse, violente et révoltée du sentiment d’un monde déshumanisé, comme privé d’espoirs, et qui œuvre à sa ruine. La pochette de l’album annonce d’ailleurs la couleur, avec cet ange perdu dans l’obscurité, cerné de machines et d’outils, yeux rivés vers une lointaine et inaccessible lumière.

L’album démarre dans le fracas avec «NWO» (référence au New World Order proclamé par le président Bush) : un pandémonium de samples de sirènes et de cris, de rythmes de piston et de guitares qui lacèrent. Le titre s’achève avec des paroles de Bush senior ( «What we are looking at is : Good & Evil, Right & Wrong» et «A new world», répété obsessionnellement jusqu’à cette impression de dénonciation : le voilà ce nouveau monde, brutal et déshumanisé, auquel la musique fait écho). D’emblée, nous voilà projetés dans l’univers sonore de Ministry : martial, lourd et répétitif jusqu’à en devenir hypnotique ; un maelström de guitares thrash, vociférations distordues, boîtes à rythmes furibardes - le tout sous un déluge de samples moins anodins qu’ils n’y paraissent. Sur le beat techno de «TV II», Al Jourgensen raille la toute-puissance de la télé («tell me something I don’t know (...) promise everything, take it all away»). Avec «Hero», c’est la guerre du Golfe qui est crûment évoquée, dans un texte craché avec révolte, débordant d’un cynisme caustique («the hero marches alone across the Highway of Death», «it’s not a matter of rights, it’s just a matter of war»). Mention spéciale au solo speed metal façon Slayer. S’ensuit le très déjanté single «Jesus built my hotrod» (paru en 1991), auquel à collaboré le démentiel Gibby Haynes, frontman des Butthole Surfers. Quant à «Psalm 69», il s’agit d’un titre débordant d’une ironie blasphématoire («the invisible piss of the Holy Ghost comes down like acid rain») rehaussée par des samples de chœurs religieux, prêches et témoignages de croyants («I feel like my heart’s being touched by Christ»).

Globalement dominé par une frénésie rythmique, l’album s’ouvre aussi à d’autres sonorités. «Scarecrow», qui dure plus de 8 minutes, est marqué par un tempo plus lent, une lourdeur et une noirceur quasi-gothiques. «Corrosion» et «Grace», qui clôturent l’album, nous mènent en territoire indus pur et dur. Bien qu’exempts d’éléments metal, ces deux derniers, ne déparent pas du reste de l’album : chaotiques, froids et machinaux. Mais le sommet de l’album est certainement l’effrayant «Just one fix», peut-être le tout meilleur titre qu’ait composé le groupe à ce jour. Le son de l’enfer intérieur, une musique de drogué : rythmique écrasante de marteau-piqueur, guitares et échos pervers. Parcouru d’une frénésie de camé en manque, ce morceau soulève un sentiment d’inéluctable, l’impression de foncer droit dans le mur. «Just one fix» s’achève par un riff évoquant une spirale descendante (c’est le riff toxique et sous amphé de «Into the void» de Black Sabbath). C’est Requiem for a dream concentré en 5 minutes et 11 secondes de pur vertige.

Voilà bien la bande son des années 90, une des plus belles réussites en matière de metal de la décennie. Neuf morceaux, neuf visions apocalyptiques, neuf images d’une Amérique décadente («pictures of our lost morality», «Scarecrow»), corrompue par le militarisme, la drogue, la violence, la propagande médiatique, le mensonge politique et l’hypocrisie religieuse. Avec ce disque bruitiste, violent, moqueur et blasphémateur, Ministry balafre sans ménagement la face souriante d’une Amérique triomphante, et accouche d’un sommet de l’indus-metal, sans doute jamais égalé. Extrême dans sa pertinence et dans sa violence, cet album est, dans un esprit punk, l’expression de la mauvaise conscience de son époque. Ce que devrait être tout vrai disque de rock’n’roll.





Mikaël Faujour - Copyright 2015 Music Story
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