Anne MILLET, psychanalyste, ne se reconnaît plus tout à fait dans son métier ni dans son environnement professionnel. Ainsi s'engage-t-elle dans une réflexion tant sur ce qui fait la cure analytique que sur ce qui la défait ou sur ce qui "ne le fait pas" dans une analyse. Cette prise de recul l'amène à nous livrer le fruit se ses recherches sur les évolutions de la psychanalyse française et ses tentations hégémoniques, sur les pistes de recherches qui sont restées dans l'ombre (travaux de Ferenczi, relations pour le moins tendues entre Freud et les techniques suggestives...) et la personnalités de "dissidents" comme François ROUSTANG.
Joignant l'acte à l'idée, Anne MILLET a démissionné de la Société Psychanalytique de Paris, temple de l'orthodoxie freudienne à la française.
Loin d'apporter une réponse au débat, ce livre mérite de l'alimenter de réflexions sereines, loin des noirs pamphlets ou des prétendues réécritures de l'analyse. Il montre du doigt cette évidence que si la psychanalyse est bien une découverte majeure d'une fécondité que l'on a pas fini d'explorer et qu'il faudra compter avec elle tant sur le plan théorique que clinique, la cure psychanalytique telle qu'elle fût inventée par Freud, ni même dans sa version réinventée par Lacan, n'est certainement pas l'unique réponse qu'on puisse apporter au patient.