Vrai faux retour studio des quatre fantastiques des origines, Psycho Circus est avant tout une énième opération de communication de la machine à fabriquer du dollar qu'est devenu le Kiss. Effets d'annonce orchestrés à grande échelle, fans au bord de la crise de manque, si toutes les conditions semblent requises pour que la nouvelle production renoue avec le faste créatif d'antan, c'est bien mal connaître l'influence de la paire Stanley / Simmons sur le destin du groupe, comme sa main mise sur l'orientation créatrice de celui-ci. Par conséquent, loin de concrétiser l'ambitieux projet qui avait avancé l'idée de donner un frère siamois au successful album Destroyer de 1976, la révolution artistique longtemps espérée se transforme en un modeste ersatz sans conviction.
Alors qu'en son temps, Destroyer avait permit d'imposer Kiss dans la cour des grands et préfigurait d'un avenir radieux, Psycho Circus ne fait que s'inscrire dans les traces de son illustre prédécesseur, en usant de procédés ayant déjà fait leurs preuves. Construit littéralement sur la même architecture qui avait permit de déjouer la critique d'une certaine époque, cet album ne donne pas la leçon, mais semble se contenter de son sort. De plus, cerise sur le sundae, là où la pilule devient un peu plus amère, c'est lorsque l'on apprend que la partition est une nouvelle fois faussée et, qu'au final, il ne reste pratiquement rien d'une éventuelle implication du line-up initial, si ce n'est un disque assisté de guests en tous genres.
Si, une nouvelle fois, l'évidence confirme qu'Ace Frehley et Peter Criss ne servent plus que d'alibi commercial et délestent définitivement ce pseudo retour de toute authenticité, on notera que même si l'image perd également en crédibilité, l'album ne manque pas d'attraits. Et ce, pour des raisons aussi diverses qu'Into The Void, seul morceau sur lequel le groupe est réuni au grand complet, le Space Ace en état de grâce sur You Wanted The Best ou encore les sombres accords d'un Within. En fait, même si l'inspiration est au rendez-vous sur plusieurs titres, on regrettera le vent de folie qu'avaient pu nous laisser augurer un titre et un visuel pour le moins attractifs. Sans aucun doute moins captivant sur le fond, Psycho Circus joue plus sur le bilan de carrière que sur la nouveauté.
Passé l'effet de surprise et malgré quelques numéros de haute voltige, ce cirque là ne fera pas vraiment recette. La cause principale en revenant à son esprit de synthèse qui, à défaut de nous proposer un Kiss auteur d'un évènement musical moderne, en fit une sorte de best of nouvelle manière.