... right now!
(ou comment détourner de façon rigolote la pré-bande annonce de Star Wars de 1977)
UNKLE, c'est en fait la réunion de James Lavelle, patron de MoWax et de membres de son label invités le temps d'un album. Pour celui-ci, c'est DJ Shadow qui a reçu le carton d'invitation. Mais il débarque avec une liste impressionnante de personnalités, telles que Mike D. (Beastie boys), Richard Ashcroft (The Verve) ou le divin Thom Yorke (Radiohead) pour habiter les compos allumées de nos deux compères.
Evidemment, après un impressionnant Endtroducing, on guettait avec avidité toutes les participations de DJ Shadow, histoire de ronger son frein avant un véritable second album. Alors bien sûr, lorsqu'on est dans cet état de transe tel un junkie en manque, on ne peut qu'être déçu quand Psyence Fiction nous tombe entre les mains. Non pas que cet album soit mauvais, mais la barre placée par Endroducing est tellement haute qu'un se demande si Shadow lui-même sera un jour en mesure de la franchir.
La galette est en fait assez hétérogène, tant dans les ambiances que dans la qualité. Des plages hip-hop qui ne sont malheureusement pas les plus inspirées (le tonitruant Guns blazing ou l'arrogant The knock) ou le rock bien suant de Nursery rhyme breather constituent la masse musclée du disque. A côté de ça, les ciselés Bloodstrain et Lonely soul ou le rigolo Unkle main title theme contrebalancent efficacement l'ensemble. Tous ces morceaux donnent donc un patchwork très sympa, pour qui présente un peu d'ouverture musicale, sans être pour autant révolutionnaires. Cependant, deux morceaux viennent élever le débat d'un bon cran.
Unreal dans une certaine mesure, qui malgré son aspect un peu trop lissé transpire le Shadow à plein nez. Mais là où l'environnement devient stratosphérique, c'est quand arrive Rabbit in your headlights. La voix de Thom Yorke, placée dans cet écrin minimaliste, supporté par un piano éteint, s'élève en plainte bouleversante qui tétanise le pauvre auditeur, accroché à chaque syllabe comme à sa bouée de sauvetage. Le tout se conclut par ces accords implacables qui coupent court à tout sentiment d'espoir. Un morceau lourd comme une chappe, hypnotique et bouleversant, qui donne à lui seul toute raison d'être à cet album. Après lui, le reste passe alors pour des amuse-gueules de haute volée. Une véritable claque.