La pochette du second album de Women montre une grande rue dont la vision est brouillée par une tempête de neige, un blizzard qui enveloppe la photo d'un ton monochrome et la rend indistincte. Le premier titre s'appelle Can't You See (« ne vois-tu pas ») et il faut s'accrocher pour déceler sa mélodie ensevelie sous une couche de poussière et de bruit. Le message est donc, malgré les apparences, on ne peut plus clair: cet album ne s'offrira qu'à ceux qui sauront braver les éléments, ouvrir grand leurs oreilles et passer outre la première impression repoussante.
La musique de Women peut-être classifiée comme du noise-rock, il ne faut cependant pas comprendre par là qu'elle est agressive ou brutale. Le terme signifie plutôt que le groupe s'accommode et joue de la saleté, des bruits parasites d'un enregistrement, d'une certaine forme de dissonance et se retrouve ainsi bien loin des standards du rock de stade.
On rencontre schématiquement trois types de morceaux sur cet album :
- des ballades cafardeuses et plombées, qui évoquent parfois Neil Young et dont la beauté tremblotante est en équilibre instable (Penal Colony, Venice Lockjaw).
- Un morceau statique et abstrait, l'envoutant Bells, bourdonnant à souhait, qui clôt la première partie de l'album et laisse place à
- De sanguinaires montées de fièvre, acides et tendues, débraillées et vicieuses, mais qui conservent la plupart du temps un flair mélodique bien senti.
Une certaine uniformité dans le son et les compositions nous empêche de nous emballer complètement pour ce disque qui réussit tout de même imposer son ambiance floue et cotonneuse et aiguillonner sans relâche notre curiosité si bien que sans l'adorer complètement, on a très souvent envie de se refaire une dose de cet album.