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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Epoustouflant de lucidité, d'actualité et de génie,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Public fantôme (Broché)
Cet ouvrage a été écrit en 1925 par un journaliste, mais qui s'est révélé d'une portée philosophique et politique bien plus profonde ; sa traduction est inédite en france. Il est préfacé par Bruno Latour (prof à Science Po). Que cet esprit neuf et caustique, visant au coeur de nos sociétés les paradoxes politiques, les apories de la démocratie, soit à la fois le plus grand pourfendeur des mythes du système, des illusions du pouvoir de masse ou de la "conscience du peuple", ceux de la compétence des instances représentantes, revendique la défense d'une démocratie, non pas participative, mais responsable, envers et contre tout, est passionnant, stimulant et prometteur... La présentation de Bruno Latour est remarquable, essentielle autant que d'une clarté absolue ; elle guide et informe le lecteur, le prédispose à resituer les choses dans leur contexte, leur dresse des perspectives on ne peut plus fondées... Quelle acuité et finesse d'analyse.... l'ouvrage, dans son ensemble engendre une rénovation de l'esprit, ravive la notion même de démocratie.... Autant le dire, un ouvrage qui a tardé, mais qui arrive encore, et toujours, à point nommé....
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La démocratie toute nue,
Par Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Public fantôme (Broché)
Lippman, à peu près inconnu en France, fut sans doute le plus grand journaliste américain du XXème siècle. "Le public fantôme" nous brosse le tableau de la démocratie occidentale dans sa plus effroyable nudité. Et pourtant, nous français pour lesquels l'idéal démocratique a été forgé par deux siècles d'histoires et d'images fortes depuis Rousseau devons nous rendre à l'évidence : la démocratie n'est pas le gouvernement du Peuple sur la société par l'intermédiaire de ses représentants élus. Le Peuple, le Public (avec un 'P' majuscule, dans le sens d'opinion publique) n'existent pas. A la différence de la cité antique pour laquelle Aristote avait défini un mode d'existence possible de la démocratie, la société moderne enchâssée dans la société globale est d'une telle complexité et les individus d'une telle incompétence sortis de leurs domaines professionnels respectifs que toute velléité d'intervention personnelle est vouée d'emblée à l'échec. Par l'exercice du droit de vote, l'individu ne peut que montrer à la faction gouvernante qu'il juge la moins partisane -mais tout aussi incompétente que lui-même- la manifestation de son support. C'est peu, mais il est impossible de mieux faire.La prose de Lippman est particulièrement limpide. Ce texte datant de 1925 est suivi des dix pages de la recension qu'en a fait John Dewey dans la foulée. Quelles belles pages de sciences politiques ! Par contraste la médiocrité crasse de nos politiciens actuels nous saute aux yeux. En pratique, il est préférable pour la clarté globale de l'ouvrage de commencer directement par les textes de Lippman et de Dewey pour terminer ensuite avec la longue préface de Bruno Latour. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un ouvrage rafraîchissant,
Par Copeau (Clermont, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Public fantôme (Broché)
Dans cet ouvrage initialement paru en 1927, le grand columnist américain Walter Lippmann y retourne son lecteur comme une crêpe ; à l'image d'un Tocqueville qui, en étudiant la démocratie américaine, montra en son temps que loin d'être l'incarnation d'un passé antique, médiéval, féodal, ou d'un quelconque ancien régime, l'Amérique était en réalité l'incarnation de notre avenir, Lippmann nous montre, lui, que les fondements mêmes de la démocratie représentative et de l'intérêt général, que le mythe d'un citoyen éclairé et apte à trancher au sein de l'Agora, n'ont aucun sens, et que c'est sur un substrat autrement plus modeste ' mais aussi autrement plus fragile ' que tient notre démocratie. Comme l'écrit Bruno Latour, « si la lecture de Machiavel fut dure à ceux qui cherchaient la vertu ailleurs que dans la force, la fortune et l'astuce, celle de Lippmann sera plus douloureuse encore car c'est à l'idée même de représentation, de peuple et de public qu'il vient s'attaquer ».Lippmann cherche ainsi à comprendre comment faire participer le mieux possible les citoyens, tout en tenant compte des limites pratiques qui s'imposent à chacun. Il met à bas le concept de volonté générale, d'une part parce qu'il y voit un retour aux prérogatives des anciens seigneurs et maîtres, et donc du principe d'autorité , et d'autre part parce que ce concept ne dit rien sur la réalité des choses. Or c'est cette seule réalité que veut regarder Lippmann. Un ouvrage de philosophie politique important, injustement méconnu, dont la lecture ne peut qu'être chaudement recommandée. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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