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20 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une des plus grandes compositions de Callas,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Puccini : Madame Butterfly (CD)
Cet enregistrement a été réalisé en 1955, alors que les premiers problèmes vocaux de Maria Callas apparaissaient, qui allaient en quelques années la contraindre à se retirer de la scène et des studios. Cio-Cio San n'était a priori pas un des emplois naturels de cet immense soprano dramatique de proportions wagnériennes, mais la carrière de Callas s'est faite contre la nature, par la culture : elle s'est voulue Norma, Lucia et l'a été au point d'y effacer des chanteuses a priori plus évidentes qu'elle dans ces rôles. C'est un peu ce qui s'est passé avec cette Butterfly, à ceci près qu'elle ne l'a presque jamais chantée sur scène (3 repésentations à Chicago) et que son interprétation y a de ce fait été moins remarquée. Pourtant, même Renata Scotto, à mon goût en tout cas, n'a pas atteint la puissance du portrait que Callas dresse de l'héroïne archétypale de Puccini. La juvénilité, la fraîcheur de sa voix au début de l'ouvrage sont remarquables, et le déluge vocal des moments les plus tragiques est tel qu'on peut l'imaginer, sans être pour autant une caricature hochdramatisch. Le secret est sans doute dans la priorité donnée à l'interprétation dramatique par Callas, c'est-à-dire sa façon de tout justifier par le sens, et de tout intégrer. Ainsi, sa capacité à construire un monologue est sans équivalent connu. Enfin, il y a cette voix unique, dans ses dernières grandes années, qui semble serrée par l'émotion alors même qu'elle est déployée, qui suffit à faire de la tragédie une réalité concrète et immédiatement vécue.On sera moins enthousiaste pour les autres chanteurs, en particulier Gedda en Pinkerton, mais on s'en remettra tant l'opéra donne l'impression que Butterfly est seule en scène du début à la fin. On passera moins vite, toutefois, sur le son agressif et saturé, qui confond tous les instruments et toutes les voix dans la même couleur dure et métallique. Quand on pense que RCA enregistrait en 1955 en stéréo, et quelle stéréo ! En revanche, l'opéra bénéficie de la direction de Karajan, sans doute une de ses meilleures prestations discographique dans un opéra. Comme dans la Lucia en public à Berlin, l'osmose avec Callas est totale et galvanise Karajan, qui sort de sa sensualité parfois excessive et anesthésiante.
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