Extrait
c'est parée
de strass et de diamants
que la star
très appréciée
du public
s'est présentée à la cérémonie
sous une pluie
de flashes
elle a tenu
à rendre hommage
aux morts
et aux survivants
avant de brandir
sa statuette
en larmes
un prix amplement mérité
pour un rôle difficile
où elle ne cesse
de croiser et décroiser
ses jambes
devant des corps
mutilés et carbonisés
impossible d'oublier
cette scène où
nue
figée dans l'horreur
elle scrute
le champ de bataille
telle une poupée californienne
égarée
dans une tragédie grecque
bourrée
d'effets spéciaux
de strass et de diamants
que la star
très appréciée
du public
s'est présentée à la cérémonie
sous une pluie
de flashes
elle a tenu
à rendre hommage
aux morts
et aux survivants
avant de brandir
sa statuette
en larmes
un prix amplement mérité
pour un rôle difficile
où elle ne cesse
de croiser et décroiser
ses jambes
devant des corps
mutilés et carbonisés
impossible d'oublier
cette scène où
nue
figée dans l'horreur
elle scrute
le champ de bataille
telle une poupée californienne
égarée
dans une tragédie grecque
bourrée
d'effets spéciaux
Revue de presse
Pulsion lumière est une traversée express du cinéma - principalement américain -, un livre-flash écrit sur une table de montage, où les procédés mis en oeuvre - sampling, citations, cut-up, références - ne cherchent pas à se cacher ; leur visibilité, au contraire, participe de l'expérience. Le livre s'ouvre sur la remise d'un oscar à une comédienne, c'est-à-dire bien sûr une star, " un prix amplement mérité/pour un rôle difficile/où elle ne cesse/de croiser et décroiser/ses jambes/devant des corps/mutilés et carbonisés. " Le meilleur du livre tient dans ces courtes séquences où se télescopent les images d'un film et les enjeux de la production et du star-system, où se trouvent mis à nu les rouages de la manipulation, la fabrique de l'émotion...
L'écriture hachée, syncopée, répétitive de Patrick Bouvet envoûte ou hypnotise exactement comme le cinéma, mais sans nous mettre comme lui la tête dans le sac. La brutalité des télescopages et le ressassement de formules-clichés (" le public ne sort pas indemne "), un peu à la façon de Jean-Charles Massera, produit des effets d'humour qui favorisent le réveil en sursaut de nos consciences. Et, par un brusque renversement, nous en arrivons à penser qu'un film n'est jamais qu'un livre feuilleté trop rapidement dans le noir. (Eric Chevillard - Le Monde du 5 avril 2012 )
Pulsion lumière recueille la trace du cinéma comme In situ, Shot, Direct ou récemment Canons utilisaient les clichés, les photos, la télévision, tout le matériel dont nous sommes bombardés...
Peu à peu, le livre se fait son propre cinéma, avec mitraillages, coups de couteau et interrogatoire chez les flics, le public, toujours présent, embusqué du bon côté de la fameuse glace sans tain. Scintillements, éblouissements cèdent la place à une confession sanglante écoutée religieusement. Il est question d'un «pur moment d'harmonie», cela se reproduit plusieurs fois, mais le film (celui que projette Patrick Bouvet, celui que le lecteur refait au montage) se nourrit essentiellement de «pulsions monstrueuses». Celles de la star et des personnages rencontrent celles des spectateurs, «et le public ne sort pas indemne». (Claire Devarrieux - Libération du 25 avril 2012 )
L'écriture hachée, syncopée, répétitive de Patrick Bouvet envoûte ou hypnotise exactement comme le cinéma, mais sans nous mettre comme lui la tête dans le sac. La brutalité des télescopages et le ressassement de formules-clichés (" le public ne sort pas indemne "), un peu à la façon de Jean-Charles Massera, produit des effets d'humour qui favorisent le réveil en sursaut de nos consciences. Et, par un brusque renversement, nous en arrivons à penser qu'un film n'est jamais qu'un livre feuilleté trop rapidement dans le noir. (Eric Chevillard - Le Monde du 5 avril 2012 )
Pulsion lumière recueille la trace du cinéma comme In situ, Shot, Direct ou récemment Canons utilisaient les clichés, les photos, la télévision, tout le matériel dont nous sommes bombardés...
Peu à peu, le livre se fait son propre cinéma, avec mitraillages, coups de couteau et interrogatoire chez les flics, le public, toujours présent, embusqué du bon côté de la fameuse glace sans tain. Scintillements, éblouissements cèdent la place à une confession sanglante écoutée religieusement. Il est question d'un «pur moment d'harmonie», cela se reproduit plusieurs fois, mais le film (celui que projette Patrick Bouvet, celui que le lecteur refait au montage) se nourrit essentiellement de «pulsions monstrueuses». Celles de la star et des personnages rencontrent celles des spectateurs, «et le public ne sort pas indemne». (Claire Devarrieux - Libération du 25 avril 2012 )
