Asian Dub Foundation constituent un genre à eux seuls. Leur inédit mélange d'instruments venus d'Inde, de sonorités dub et de guitare punk est le prétexte à des albums inégaux.
Punkara n'est pas l'album d'un monde joyeux, les crises se développent, l'inquiétude gagne, l'Angleterre est sous surveillance vidéo. Asian Dub Foundation allument directement le brûlot avec
« Target Practice », titres vraiment orienté punkoïde.
« Burning Fence » est du pur Asian Dub Foundation, rythmique presque drum & bass, incursions de sitar, son nettement dub. Une filiation, pas si inattendue, avec Big Audio Dynamite se fait jour. La même magie d'un shaker global et concerné.
« Speed of Light » dément son intitulé par l'utilisation d'un tempo lent, la construction du titre est complexe, les instruments se superposent, l'auditeur doit posséder autant d'oreilles que Vishnu de bras pour écouter toutes les pistes. La lumière jaillit difficilement des 6 minutes 16 du titre.
Le riff rock noyé d'échos dub de
« Ease Up Caesar » est une bonne trouvaille, hélas le morceau lorgne ensuite vers le reggae. Trop de mélanges, là encore, tuent les saveurs.
« Altered Statesman » et son phrasé hip-hop, n'arrange guère les choses.
Le péril guette sur l'audacieuse reprise de
« No Fun », on ne touche pas impunément aux monuments. Même la présence d'Iggy Pop lui même ne rattrape pas les arrangements qui rendent le titre méconnaissable, ses vocaux semblent perdus dans un brouillamini de sons.
« No Fun » n'insuffle pas son vent de révolte habituel, son refrain implacable est totalement dénaturé, la ligne rythmique étouffée sous les arrangements.
Asian Dub Foundation sont remplis de bonnes intentions, bourrés d'idées, détenteurs d'un concept original, mais leur curry au porridge est vraiment indigeste. Ils ont tout simplement du mal à produire de bonnes chansons.
François Alvarez - Copyright 2012 Music Story