22 ans plus tard, Purple Rain reste un disque phare, emblématique d'une époque pas si lointaine qui n'a pas enfanté que des bonnes choses sur un plan artistique.
Mais cet album qui propulsa Prince dans le rang des stars internationales gagne à être réécouté aujourd'hui, avec des oreilles "vierges", autant que possible. On comprend alors d'autant mieux le succès du disque, qui condense d'un bout à l'autre, du vivifiant et énergique "Let's go crazy" à la ballade culte "Purple Rain", tous les styles de musique propres à faire groover les musiciens comme le public: rock, funk, disco, et même gospel... tout est là, mais assimilé et synthétisé de telle façon que l'harmonie du disque, dans son ensemble, en devient déconcertante.
L'autre coup de maitre du prodige de Minneapolis, c'est d'utiliser les instruments de l' époque (notamment les claviers en tous genres) comme des moyens musicaux, et non comme une fin en soi. Alors que tant d'autres se gargarisaient (et souvent s'étouffaient) dans leurs propres déballages (abusifs) de nappes, boites à rythme et assimilés, Prince en usait uniquement comme d'une part de sa création, mettant en valeur de façon égale voix, textes accrocheurs et arrangements béton... sans oublier un style de guitare fougueux et ravageur.
Au final, rien d'étonnant à ce qu'une oeuvre aussi audacieuse, ambitieuse et excitante... soit entrée dans l'Histoire de la musique populaire américaine. Indispensable dans la discothèque du fan averti; à écouter au moins une fois pour les autres !