Voilà ce qu'on gagne à vouloir miser son œuvre sur le divertissement : on compose les musiques des cartoons de la Warner et résultat, on vous classe chez les amuseurs aux côtés de Spike Jones et plus personne ne vous prend au sérieux! Alors on devient pionnier de la musique électronique, on invente la musique ambiant avant même que Brian Eno ne la théorise mais apparamment ça ne suffit pas!
Inutile de se leurrer : Raymond Scott est un génie, un mélodiste hors pair condamné à vivre dans l'oubli le plus total alors que sa musique n'a jamais paru aussi essentielle qu'aujourd'hui, à l'heure où tous ses disques sont réedités petit à petit. Que les amateurs de dessins animés n'ayant jamais entendu "Powerhouse" au moins une fois dans leur vie me jette la première pierre. Raymond Scott, c'est avant tout du jazz apaisé, ludique, mélancolique, évocateur d'images colorées et surtout qui se laisse écouter avec une facilité déconcertante.
Pourquoi parler de ce disque en particulier alors que j'aurais pu parler des autres, tous aussi indispensables les uns que les autres?
Parce que "Pushbutton Parfait" propose 12 réinterprétations actuelles des titres les plus connus de Scott et confirme l'intemporalité de sa musique. On se laisse emporter par le flot éthéré de "Naked City", on rêve de plénitude asiatique sur le magnifique "Mountain High, Valley Down" avant de retrouver les dessins animés de notre enfance sur une version endiablée de "Powerhouse" arrivant en fin d'album comme une nécessité.
Un artiste à redécouvrir encore et encore!