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Une éducation religieuse, trop religieuse, une mère absente, trop absente, l'envie de donner un coup de fouet à une morne vie… et l'existence de basculer, le quotidien de s'habiller de chair et de sperme, les hommes de filer à vos pieds, de défiler entre vos jambes, de passer dans votre bouche. Les uns désœuvrés, les autres obsédés, les porcs et les gros porcs, les illuminés, les glamours, jusqu'à ceux qui veulent vous "sortir de là"…
Derrière cet autoportrait, la confession, parfois comme un long râle plaintif, est un travail introspectif. Pour l'auteur, il s'agit moins de savoir comment on en est arrivé là que de vouloir se connaître, se reconnaître, plutôt que de paraître. Bien. Fallait-il en passer par un déballage moins cocasse que tapageur ? Putain se voudrait un roman réaliste. Avec ce qu'il faut de racoleur pour attirer le chaland. C'est tout juste un témoignage (un de plus) de femme, prostituée moderne de luxe, qui trimbale son fardeau familial. Il y a un avantage : on y lit ce qu'on attend. Sans être volé sur la marchandise. Sans plus. Et l'on reste finalement sur sa faim. --Céline Darner
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Le mode, donc, est celui de la confession. Une jeune femme, étudiante, narre comment elle sest lancée dans la prostitution, une manière pour elle de répudier parents, féminité (cest-à-dire licône «madonesque» de la pouffe occidentale fardée, condamnée à être tout à la fois une «salope» et une victime) et, bien entendu, le jeu social fondé sur le troc et léchange. Doloriste et stratège à la fois, Nelly Arcan séchine à nous dire que le meilleur moyen déchapper à cette destruction programmée qui menace tout individu poussant les portes du monde adulte, consiste à se salir et à se détruire soi-même avant den laisser lopportunité à quiconque Le coup est classique, encore fallait-il avoir la voix, et suffisamment de détermination, pour le tenter.
Il importe peu de savoir si le roman en question relève, oui ou non, de lautobiographie. On est loin, dans la forme comme dans lapproche, dune Catherine Millet. La prose est abstraite et le sexe sert davantage de repoussoir que de prétexte à des descriptions crues et remuantes. Ce qui, en revanche, est certain, cest que Nelly Arcan a sorti du feu, un livre obsessionnel, qui offre, tel le dieu Janus, un double visage : celui dune machine de guerre et de lautre la face brisée dune pleureuse peinte par Picasso. Impressionnant. --Stéphane Malterre --