Comme tout le monde le sait, ce Quai d'Orsay est issu des talents conjugués d'un conseiller ministériel et du génial Christophe Blain (Donjon potron-minet, Isaac le pirate, Gus...) et dépeint le quotidien du cabinet de Dominique Galouzeau de Villepin, ministre des affaires étrangères (2002-2005).
L'album est un régal, tous les commentateurs précédents l'ont à juste titre souligné. Le trait de Blain est particulièrement adapté à la furia villepiniste et le choix de faire rapporter cet épisode diplomatique par un candide non issu du sérail (notre conseiller est un universitaire et non un conseiller des affaires étrangères) permet aux non initiés de découvrir le curieux monde si méconnu des cabinets ministériels. Pour bien le connaître, je regrette que les personnages (souvent détestables) qui forment le quartet chef de cabinet / conseiller communication / conseiller presse / conseiller parlementaire soient passés sous silence ou qu'il ne soit jamais question de finances (sujet permanent de tous les ministères) : il n'est ici question que de grande politique mais ce sera peut-être pour le prochain épisode. En revanche, les rivalités entre jeunes conseillers techniques et directeurs d'administration centrale blanchis sous le harnais ou le rôle essentiel (démentiel, même) du directeur de cabinet sont admirablement suggérés.
Evidemment, c'est le personnage principal qui donne tout son talent à l'ouvrage. Est-il fou ou est-il génial ? L'album reste délicieusement ambigu sur ce point. Mais la verve villepiniste donne en tout cas l'occasion de merveilleux morceaux de bravoure (NB : dans le même esprit, le critique littéraire du Nouvel observateur Didier Jacob avait autrefois fait un billet encore plus mémorable sur son blog : allez le lire).
On espère une sortie rapide du 2è épisode.