A l'époque, dans les "booms", on dansait sur Téléphone, Trust (Antisocial !), voire Bijoux ou Starshooter pour les plus câblés. Johnny n'était pas encore un "must" pour intellos branchouillés, mais plutôt le rocker des prolos. Monsieur Eddy avait peaufiné son image second degré avec la Dernière Séance. Pour les textes décalés, maniant l'absurde à la Boris Vian remis au goût du moment, il y avait un petit jeune du nom de Bashung (Gaby oh Gaby !) qui perçait, l'installé Charlélie Couture et la valeur sûre Hubert-Félix Thiéfaine. Et puis déboula Capdevielle, avec son désert (qui n'aurait pris que quelques minutes à composer, pour un tube retentissant).
Les textes ont un peu vielli, mais la composition est d'excellent facture ; elle soutient la comparaison avec le bon rock anglo-saxon de l'époque. Ecoutez, c'est un régal. Un bon rock bien en place, pêchu (qui nous change du sirupeux du moment), avec une ligne mélodique claire et des arrangements sobres et efficaces, au poil ; ça vous requinque !
C'est toujours un bonheur de se réécouter cet album.
Et qu'est-ce qui va rester quand CE rock'n'roll sera mort ? Beaucoup de vide et de regrets, c'est certain !