Toujours dans une écriture épurée, un vocabulaire élémentaire, primaire mais fondamental. Aucune description interminable, longueur quelconque, tout est distinction chez cet auteur. Et élégance. Sur le fil de l'émotion, toujours. Quatre hommes dans l'attente d'un lendemain, de la mort peut-être.
Le meilleur, c'est qu'avec MINGARELLI, on a l'impression qu'il se passe trois fois rien. Rien, ou presque. Et justement, c'est dans ce "trois fois rien" que tout se passe. Des soldats qui errent dans de mornes plaines russes, sachant qu'au loin grondent les bombes, que le spectre de la mort plane. Quatre copains de régiment qui se confectionnent une cabane douillette pour ne pas périr de froid, alors que, dehors, il gèle à pierre fendre, qui, lorsque le temps devient plus clément se prélassent aux bords d'une étendue d'eau (cet élément est décidément récurrent chez ce romancier) en attendant de continuer leurs errances. Et ce jeune adulte, un enfant encore, qui sait écrire, qui devient leur "mémoire". L'on en reste coït, stupéfié de ce trouble, du déficit dans lesquels les personnages sont plongés, de leur solitude qui sera vaincue par leur amitié, de leurs destins qui luttent pour la survie avec cette beauté du partage, plongeant le lecteur dans ce qu'il y a de plus intimiste.
Magnifico maestro !