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Voilà ce qui pourrait être une vaste fresque, déployée dans l'intime. Un coup de force littéraire en somme, correspondant assez bien à l'univers littéraire d'Hubert Mingarelli. Après Une rivière verte et silencieuse, La Dernière Neige et La Beauté des loutres, Quatre soldats rassemble en quelque deux cents pages des éléments de la vie, avec son poids de difficulté, de souffrances, de sacrifices, de drôlerie aussi. Des éléments puisés dans l'anodin, élevés dans un cadre rude : autour de l'année 1919, l'Armée rouge se replie en forêt, en butte aux forces roumaines et polonaises. On s'organise pour affronter l'hiver. Dans cette débâcle au ralenti, quatre soldats vont nouer une relation. Une cabane dans laquelle on se retrouve au chaud, des repas qu'on partage, des parties de dés, des rêves qu'on échange, comme celui de ce portrait féminin calé dans le creux d'une montre. Un quatuor à la marge du régiment, vécu et raconté par l'un d'eux, attentif, observateur, et auquel va s'ajouter un gamin. Cette intrusion difficile donnera aux soldats un autre élan de solidarité, articulé autour d'un gosse qui est le seul à savoir écrire. Ça laisse rêveur, admiratif un peu, ça donne envie de voir son nom couché sur une page… Si le décor est grandiose, Hubert Mingarelli se concentre sur ses personnages, traduit un âpre quotidien. De restrictions en contraintes, de marches épuisantes en réquisitions. Le tragique est peu visible en surface. Il est en dedans, discret. Ce qui n'enlève rien aux accents comiques de quelques situations. Il faut bien vivre, en tout cas survivre. Longtemps auteur jeunesse, Hubert Mingarelli a mis de côté ses gamins narrateurs pour déployer dans l'humilité les rapports humains. Même au bout de la nuit, dans les instants de précarité, il s'agit toujours de rompre avec la solitude. C'est subtil et sur le fil de l'émotion. Et probablement l'un des romans les plus réussis de l'année 2003. --Céline Darner
Présentation de l'éditeur
Voici une longue nouvelle comme aurait pu en rêver Hemingway, où les circonstances comptent moins que le désarroi moral, les tâtonnements, les dialogues de ces quatre soldats en perdition issus de lArmée Rouge, qui sortent dune forêt où ils viennent de passer un hiver terrible. Il y a la beauté des scènes muettes : razzias dans les villages, baignades dans un étang, bataille. Il y a ce gamin, enrôlé volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes car il est le seul à savoir écrire. Mais « le ciel est sans fin » et rien ne sera sauvé.
Quatrième de couverture
Voici une longue nouvelle comme aurait pu en rêver Hemingway, où les circonstances comptent moins que le désarroi moral, les tâtonnements, les dialogues de ces quatre soldats en perdition, issus de l'Armée rouge, qui sortent d'une forêt où ils viennent de passer un hiver terrible, pendant l'année 1919. Il y a la beauté des scènes muettes : réquisitions dans les villages, baignades dans un étang, embuscade. Il y a ce gamin, enrôlé volontaire, dont la présence irradie les quatre hommes car il est, semble-t-il, le seul à savoir écrire. Mais "le ciel est sans fin" et rien ne sera sauvé.
L'auteur vu par l'éditeur
Hubert Mingarelli occupe une place à part parmi les jeunes romanciers français, notamment depuis le succès de son roman Une rivière verte et silencieuse. Il vit aujourdhui dans un hameau de montagne en Isère.
--Ce texte fait référence à l'édition
Poche
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