Le film nous positionne en septembre 2001, à la veille des attentats de N.Y. Une histoire alambiquée au cours de laquelle un père lointain réapparait pour s'excuser auprès de ses 2 enfants. Une narration entièrement tenue par un resplendissante Juliette Binoche qui joue un rôle inattendu de femme espionne. Son interprétration redonne du nerf à une mise en scène lente, parfois hésitante. Sous prétexte de faire entrer la poèsie, on assiste à une série de meurtres orchestrés par un mystérieux docteur, par un tueur en série : Pound, qui lit des vers en attendant l'heure fatidique. J'ai un peu de mal à croire à une poèsie du mal.
A quelques heures des attentats de tristes mémoires, le père retrouve ses enfants pour une fin tragique. Un scénario assez morbide, qui se laisse regarder, on sent une oeuvre de qualité légèrement en retrait du fait de scènes pas franchement utiles. Un film d'auteur, à voir, pour la qualité de l'ambiance et de l'authenticité des personnages. L'auteur donne une caution à l'amour incestueux d'un frère et d'une soeur, sans toutefois tomber dans la provocation, tout au contraire.
Côté technique : image de bonne qualité, son inégal : le claquement de la portière de la Mercedes n'est pas celui d'une classe S, à l'opposé le claquement du fusil à la fin du film est une merveille de précision. Une note de 4 / 5 pour la technique.