Ce n'est pas si fréquent, un homme qui sait exprimer sa douleur en retenant son cri, et qui intègre l'expérience carcérale à une réflexion politique au sens large du mot, coire même philosophique. En termes très simples, dans une langue à la fois sobre et lyrique, il montre ce qu'il en est de la mutilation qu'impose la "condition pénitentiaire", comment l'industrie de la punition est partie prenante d'un dispositif permettant de "répondre" au sous-rmploi dans le Mezzorgiono, comment elle engendre les cercles vicieux de la récidive. Tout cela, on le savait par des chiffres, il est non de le savoir par des lettres. Mais il y a plus: l'homme négatif de la prison, cet homme renié, aliéné, nous fait entrevoir par contraste les formidables ressources de créativité et de liberté active qui exisstent en chacun de nous... à condition que nous ne nous rendions pas prisonniers de nous-même. Cet ami de Pasolini avait bien compris, déxidément, l'enjeu de toute révolte.D'où la sombre beauté de ce texte.