Il ne faut pas s'y tromper, le livre traite en réalité du concept et de la conceptualisation car ces derniers seraient, selon l'auteur, caractéristiques de la définition de la philosophie distinguée par cette voie de l'art et des sciences.
Sur les 7 chapitres, les 3 premiers sont réellement instructifs (le concept; le plan d'immanence; les personnages conceptuels). Les autres sont beaucoup moins convaincants, non pas tant en raison du fond qu'en raison du style de l'auteur.
Je suis pleinement conscient que la philosophie n'est pas de la littérature et que le travail de la pensée appelle une certaine abstraction voire complexité. Mais rien ne sert de la cultiver à loisir pour elle-même. Dans le cas présent, on note tout de même une tendance au jargon ou un recours abusif à des images pas vraiment éclairantes. Par exemple, le fameux "plan d'immanence" sur lequel glose l'auteur se révèle être simplement la condition de possibilité du concept. De même, les descriptions imagées du concept dans ce même chapitre laissent perplexe ("surfaces ou volumes absolus, difformes et fragmentaires" dixit l'auteur).
On notera tout de même un avantage certain sur bien des ouvrages de philosophie: l'auteur use de nombreux exemples tirés de l'histoire de la philosophie pour illustrer le caractère opératoire de ses propres idées.
Bref, des idées puissantes mais qui auraient pu être exposées en moitié moins de pages et de façon beaucoup plus claire. Au fond, tout est bien une question de forme (P. Valéry).