J'ai voulu lire ce livre pour avoir un autre point de vu que celui de Gilles Perrault. Le livre de Fratacci nous apprend que le succès du " pull over rouge" a fait beaucoup de tort au père de la victime. On a reproché au père d'avoir fait guillotiné un innocent. La campagne de lynchage dont Ranucci a été la victime s'est reportée sur le père Rambla. Il est devenu victime par procuration (pour sa fille) et victime par conséquence (la peine de mort). L'opinion publique a changé son fusil d'épaule. On comprend la tirade célèbre de l'Avocat Vincent de Moro Giafféri "L'opinion publique est une putain qui tire le juge par la manche pour obtenir la tête d'un condamné..." Tirade où le ténor du Barreau a poursuivi sa diatribe avec des exemples précis prouvant que l'opinion publique est versatile.
Mathieu Fratacci essaie de nous expliquer que même si Christian Ranucci était coupable de meurtre sur une petite fille, la réponse de la peine de mort est une horreur. Je pense qu'il a raison. Il essaie également de nous expliquer que les Avocats de Christian Ranucci auraient du plaider coupable avec les circonstances atténuantes (ce que ne voulait-pas l'accusé). Ranucci aurait pu sauver sa tête. Quand on voit le contexte de l'époque et tous les concours de circonstance multiples qui se sont imbriqués dans cette affaire, là je suis plus perplexe. Mais pourquoi pas.
A mon avis, comme le policier Gérard Bouladou, Mathieu Fratacci a essayé de refaire une enquête male faite. Or Jean-Marc Berlière a dit dans un épisode des "crimes de la belle époque" à propos de l'affaire Marguerite Steinheil, "...qu'une enquête male faite, on ne la rattrape- pas". Les preuves et éléments confondants ont été tripotés et manipulé n'importe comment de sorte qu'ils n'ont plus la possibilité d'éclairer l'affaire plus tard.
Bouladou a cru qu'en retrouvant le pull over rouge, on pouvait reprendre l'enquête avec l'ADN, mais Perrault a expliqué qu'on a fait essayer ce pull à Ranucci donc ce pull ne veut plus rien dire aujourd'hui. Fratacci lui, se plaint dans son livre que la science d'aujourd'hui a fait d'énormes progrès par rapport à la science de l'époque. Mais la meilleure science du monde ne peut pas enquêter à la place d'un bon policier. Les policiers de l'époque étaient stressé à cause de l'opinion publique, de la presse, d'une affaire mal élucidée (affaire Cartland), et les politiques par-dessus le marché. Il est facile de critiquer les policiers mais à l'avenir, il faudra éviter toute forme de pression si on veut la vérité plutôt qu'un coupable.
En conclusion, la peine de mort a tendance à servir la vengeance et non la sanction. Or, la vengeance est mauvaise conseillère et c'est bien connu.
André