Commentaires client les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Valentine Goby rend sa dignité aux êtres convaincus de honte par la France., 12 octobre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Qui touche à mon corps je le tue (Broché)
Peintre romancière d'une certaine France, celle de la fin du XIXé à la moitié du XXé, elle dessine au cordeau cette France si politiquement combattante et si civilement envieuse. Et c'est ainsi qu'au fil des pages, on découvre des destins sans amour comblé. Le destin de la maternité sans l'amour , être mère sans être femme, être fusionnelle à l'enfant, qu'en deviennent-ils ? Le destin de la sexualité sans l'amour, des femmes réservoirs d'hommes, des femmes de marins, des blanchisseuses, des prostituées, histoires consanguines et voraces entre des femmes et des hommes .... Le destin de l'amour sans homme, être fille-mère, accoucher de bâtard, encore offrir une fille, ou se rendre à la faiseuse d'anges ... On crie au nombre de divorces aujourd'hui, on s'affole de la jeunesse issue des familles recomposées, on s'indigne face à tant d'instabilités. On oublie juste ce qu'était la vie sans amour, quand elle n'était pas protégée par le mariage bourgeois. Toutes ces femmes prises au piège d'une époque qui leur a fait payer chère leur condition, celle qu'elles n'ont pas encore obtenue alors. Ces femmes ont rendu possible notre liberté d'aujourd'hui, notre autonomie, de notre droit à porter des pantalons à celui d'interrompre une grossesse ou à élever seule un enfant. Et dans de nombreux pays du monde, des femmes souffrent, oeuvrent et meurent tous les jours pour la liberté non encore acquise de leurs filles et de leurs petites-filles. Qu'on se le dise ...
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un roman superbe pour la rentrée littéraire, 23 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Qui touche à mon corps je le tue (Broché)
Voilà un nouveau roman de Valentine Goby assez sombre. Ici trois histoires se croisent et se mêlent. Celles de Lucie L., jeune femme qui se tord de douleur après avoir avorté ; de Marie G., faiseuse d''anges qui attend son exécution dans sa cellule ; de Henri D., bourreau. Le dernier jour, la dernière nuit passent et chacun vit à sa manière ce lent décompte avant l''inéluctable. Si le sujet a priori macabre peut faire frémir (ou simplement hésiter) quelques lecteurs, il serait bien dommage de ne pas se laisser tenter. Dans ce récit resserré et dense, alors qu''un événement majeur approche et s''apprête à bouleverser leur existence, les trois personnages laissent leurs pensées tourbillonner, songeant à leur enfance, aux éléments marquants de leur vie et à ce qu'''ils sont devenus aujourd''hui. Pour des raisons différentes bien que liées, chacun subit l''angoisse écrasante de l''instant présent dans un état de fébrilité qui rend ses réflexions plus lucides et lui permet de percevoir les sensations avec plus d''acuité. Ces destins brisés, ces vies tourmentées et indirectement mêlées sont racontées avec l''urgence qui caractérise l''écriture de Valentine Goby et qui rend avec violence et précision les bouleversements intimement vécus par chaque protagoniste. Vibrant hommage à trois personnages que rien ne devait a priori distinguer des autres (comme le rappelle l''anonymat conféré par le prénom banal suivi d''une initiale), ce roman foisonnant d''émotions ne manquera pas d''ébranler son public. Voilà une lecture riche, sublime bien que douloureuse et un roman immense, intensément vécu, absolument magnifique.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le dernier jour d'une condamnée, 16 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Qui touche à mon corps je le tue (Broché)
Une très belle petite monographie sur un thème rare dans la litterature contemporaine. Clair, net et précis, bien écrit, sans fioriture ni sentimentalisme. Simplement des faits. Après "Qui touche à mon corps..." on peut relire Victot Hugo et son Dernier Jour d'un Condamné. Présent dans la première sélection Goncourt 2008, ce livre méritait d'y rester jusqu'en novembre.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
|