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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Polanski - Deneuve,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Répulsion (DVD)
Onze années avant son "Locataire" d'anthologie, Roman Polanski réalise d'après un scénario de Gérard Brach et de lui-même ce qui semble être une ébauche de son futur classique. "Répulsion" expose au yeux de tous la lente descente aux enfers d'une jolie jeune femme Carole Ledoux, bien sous tous rapports, esthéticienne, et qui vit dans un petit appartement de Londres avec sa s½ur Hélène dont le fiancé s'amuse à titiller l'esprit tourmenté de notre jeune héroïne.Après chaque journée de travail, Carole frôle les murs, le visage fixé vers le sol, comme coupée du monde et voulant s'assurer qu'aucun regard d'homme n'est plongé vers elle. Et peut-être surtout pas celui de ce jeune homme qui sans cesse la relance pour avoir un rendez-vous avec elle. Un monde dans lequel elle ne semble pas avoir sa place, dans lequel elle ne se reconnait pas. Sa fragilité la rends vulnérable aux regards des hommes qui la convoitent et surtout de ceux qui la fantasment.Son univers, le seul dans lequel elle se reconnaît, c'est ce petit appartement dans lequel sa s½ur joue aussi le rôle de mère. On comprends très vite que Carole à un problème.... délicat.... avec les hommes.En fait, elle ne supporte absolument pas leur contact.La seule présence du fiancé de sa s½ur dans l' appartement suffit d'ailleurs à la rendre malade. Malgré tout, on se persuade devant cette triste réalité que Carole semble s'être construit une existence fragile mais qui tient encore bon face à cette phobie des hommes. Malheureusement pour elle, ce train-train quotidien va très vite être chamboulé par le départ de sa s½ur en vacances et seule, enfermée dans l'appartement, elle va développer à un degré inimaginable ses obsessions refoulées et un univers fantasmatique, hallucinatoire et morbide. Seule donc, elle cessera de se rendre à son travail, elle s'enfermera à double tour dans son appartement,et devra faire face au jeune homme qui la relancera jusque chez elle, à un propriétaire libidineux qui insistera pour avoir ses faveurs quitte à mettre le loyer de coté et surtout à ses tourments intérieurs qui ne cesseront plus jamais de la hanter jusqu'au final dramatique. Le point de non retour. Film sur la phobie des grands espaces mais surtout sur la peur de l'autre, et du mâle en particulier,"Répulsion" décortique de façon magistrale le long cheminement qui mène à la folie, ici, en l'occurrence, la schizophrénie, à travers le portrait d'une jolie jeune femme qui pourrait être n'importe laquelle de toutes celles que nous sommes amenés à croiser chaque jour. Polanski filme avec lenteur la dérive de Carole vers l'obsession dans de grandes scènes aussi hallucinantes pour Carole que pour les spectateurs.Certains détails entrent directement en corrélation avec la dégradation psychologique de la jeune femme tel ce lapin reposant dans un grand plateau et pourrissant à mesure que Carole s'enfonce dans la schizophrénie. Dès le départ, le film avec son générique reposant sur l'unique plan d'un oeil filmé de très près, celui de Carole, pose les jalons de ce qui deviendra une étude presque clinique d'un effondrement psychologique total.Filmé en noir et blanc, ce désir de ne pas employer de couleurs renforce l'aspect réaliste du film. Polanski touche au but en mettant assez vite mal à l'aise (même si le film a tendance à prendre son temps pour démarrer) tant les qualités de la mise en scène sont indéniables.Bien sur, le film ne serait rien sans le jeu très convainquant des différents protagonistes, et notamment celui de Catherine Deneuve réellement épatante dans son rôle. On retrouvera beaucoup de l'esprit de "Répulsion" dans "Le Locataire" et même dans "Rosemary's Baby" qui fait la jonction entre les deux mais dans un registre beaucoup plus fantastique..... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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