De quelle métaphyique est-il question ici ? De celle de Dieu. Pour Schuon, la seule métaphysique à valoriser est celle de la question de la divinité.
À partir des théogonies grecques, sémites et hindoues, Schuon nous entraîne dans le processus de la création du monde, la Mâya, du rayonnement du Bien, de l'Ombre du Mal et de la fonction du Dieu personnel, démiurge, par rapport au Dieu même, Néant, ex nihilo à partir de quoi tout est conçu. Partie ardue à lire mais passionnante.
Ensuite, c'est à quelques réflexions oecuméniques qu'il nous convie afin de concilier Islam et Christianisme : partie bien plus faible dans la mesure où pour Schuon on peut oublier les apologétiques sur Mahomet et gommer ce qui empêche le lien de l'un à l'autre. Toute révélation vient du Ciel et donc toute religion est vraie. Ensuite, elle est vécue, pensée et ressentie selon un mode mondain et culturel bien précis qui cause des incompréhensions et des tensions.
Pour terminer, l'auteur s'intéresse à la question de l'émotion et de la vertu, lieu du Bien, plus petit dénominateur commun aux trois monothéistes. Il se déchaîne contre la psychanalyse dont il semble ne pas bien prendre la mesure mais il pointe avec justesse que dans un travail de nettoyage des scories, seul un maître peut aider et la question du spirituel ne doit pas être évacuée.
La lecture de Schuon reste plaisante car il nous rend intelligent, nous fait toucher du doigt des réalités indicibles et parle de Dieu avec une conviction inébranlable.