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Rétrospective - Prix Médicis Etranger 2012 [Relié]

Avraham B. Yehoshua
5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
Prix conseillé : EUR 22,00
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Description de l'ouvrage

29 août 2012 Littérature Etrangère
Yaïr Mozes, célèbre réalisateur israélien au crépuscule de sa vie, est convié à une rétrospective en son honneur à Saint-Jacques-de-Compostelle. Trois jours durant, en compagnie de Ruth, l actrice aujourd hui malade qui fut jadis sa muse et la cause de sa rupture avec son scénariste de toujours, le génial et ténébreux Saül Trigano, il revoit ses uvres de jeunesse. L épreuve est troublante pour le vieil homme qui croyait, jusqu alors, avoir fait le deuil paisible de ses émotions. À mesure que les souvenirs affluent, au rythme des images qui se succèdent à l écran, Mozes est forcé de reconsidérer toutes ses certitudes : sur sa propre existence, son art, son amitié pour Trigano, son amour inavoué pour Ruth... Au c ur de ce voyage dans le passé, un énigmatique tableau, accroché au-dessus du lit que Mozes et Ruth partageront chastement lors de ce séjour en Espagne : une Charité romaine, où l on voit une jeune femme allaiter un vieillard emprisonné. Pourquoi ce tableau bouleverse-t-il Mozes ? Et pourquoi l actrice semble-t-elle s obstiner, elle, à ne pas même le remarquer ? Qui écrit le scénario de nos existences ? Et si la vie n est qu un songe, peut-on in extremis en corriger les erreurs, les faux raccords, tel un film sur une table de montage ? Dans ce roman pétillant d intelligence et d une majestueuse mélancolie, l un des plus grands écrivains israéliens scrute l âme d un homme qui se demande « comment ne pas renoncer au désir pendant le peu de temps qui nous reste ».

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Descriptions du produit

Extrait

Au moment de pénétrer, vers minuit, sur l'immense et austère esplanade dépouillée de tout ornement, de statue ou de fontaine hormis de lourdes chaînes métalliques ceinturant ses bordures, le metteur en scène a l'impression que l'angoisse de sa compagne est enfin retombée, tandis que le regard de l'actrice rayonne de gratitude à l'égard de celui qui l'a emmenée avec lui. Du perron de l'ancien hospice hébergeant jadis les pèlerins et transformé depuis en parador, deux grooms à la chevelure d'argent se précipitent vers eux pour prendre leurs bagages. Sans se laisser dissuader par l'heure tardive ni par la fatigue évidente de ses invités, leur hôte les presse d'admirer la célèbre cathédrale : à cette heure, juchés sur le fronton entre ses clochers jaunâtres, des souverains et des saints se dressent en leur honneur. Leur guide improvisé énumère les saints patrons et les bâtisseurs du sanctuaire dans un anglais fruste mais fluide et s'extasie devant l'étendue de la place où des fidèles affluent chaque jour : nul doute qu'il s'acharne à prouver à ses invités que la sainteté du lieu où ils viennent de poser le pied ne le cède en rien à celle de leur pays d'origine.
Enchanté par la splendeur de la cathédrale et par la majesté de l'hôtel qui les attend tout à côté, le metteur en scène Yaïr Mozes se félicite de n'avoir pas décliné la requête de son ambassade et, malgré le poids des ans, d'avoir atterri dans ce pays lointain afin d'assister à une rétrospective de ses films. Mais, comme souvent au cours des dernières années, la tristesse le submerge à la pensée de son directeur de la photographie, qui épaulerait déjà sa caméra et, au coeur de cette pureté hivernale, tenterait de fixer sur la pellicule, sinon la cathédrale elle-même immortalisée un nombre incalculable de fois, du moins l'éclat de la lune dont la pâleur se reflète sur les chaînes de la place, voire l'ombre des marches massives menant à la ville ancienne. Et le metteur en scène songe que, s'il s'emportait, comme jadis, contre le gaspillage d'une précieuse pellicule, son directeur de la photographie sourirait sans un mot et arguerait que des prises de vue inopinées, sans aucun rapport avec l'intrigue ou les personnages, offraient, plus d'une fois, la possibilité d'enrichir sur la table de montage des enchaînés banals entre des scènes et d'insuffler à un film éminemment réaliste cette dimension mystique et symbolique si prisée de son ex-scénariste.
Eût-il été encore en vie que Tolédano, le directeur de la photographie, ne se serait pas tenu coi sous le flot intarissable des explications de leur hôte auquel il convenait décidément d'imposer des limites, mais il se serait écarté et, de manière à la fois furtive et ostensible, aurait gavé sa caméra affamée du profil, ou de la silhouette, voire de la seule ombre de Ruth, elle dont l'amour qu'il lui vouait avait causé la mort de Tolédano.
C'est peut-être à cause d'elle que, des années après son décès, Mozes se souvient autant de lui, car l'actrice, objet de l'amour malheureux du directeur de la photographie, est devenue, depuis, la compagne de voyage attitrée de Mozes ou, plus précisément, une «figure» qu'il a prise sous son aile. A cette heure, la voilà sous sa protection, vêtue d'un manteau à poils râpé, un peu courbée, presque recroquevillée mais, malgré les traces laissées par les ans, elle demeure attirante, alors que son attention bienveillante, qui paraît sincère même quand elle ne l'est pas, encourage le déluge verbal nocturne qu'il convient d'endiguer, une fois pour toutes.

Revue de presse

L'écrivain israélien a séduit le jury le plus exigeant de la saison littéraire avec «Rétrospective», roman crépusculaire sur l'Europe de la diaspora juive. Les amateurs de nombres ronds se réjouiront de savoir qu'Avraham B. Yehoshua est écrivain depuis cinquante ans et a publié dix romans. On voit par là qu'il est un auteur rare. Mais «Rétrospective», qui vient de remporter le prix Médicis étranger, valait l'attente...
Finalement, Avraham B. Yehoshua tente d'imaginer la civilisation méditerranéenne qu'il appelle de ses voeux. Il lui offre le cadre géographique voyageur de ces tableaux, de ces romans et de ces films qui circulent d'un bout à l'autre du bassin fondateur. Mozes doit se réconcilier avec Trigano. Israël doit renouer avec ses racines tant européennes qu'orientales. Maintenant que nous sommes tous vieux et fatigués, il serait temps que nous nous reposions. (David Caviglioli - Le Nouvel Observateur du 8 novembre 2012 )

L'écrivain israélien Avraham B. Yehoshua, prix Médicis étranger, s'interroge sur la création artistique et la fuite du temps. Une envoûtante Rétrospective...
Quelle scène pourrait être plus troublante pour un homme vieillissant qui se demande "comment ne pas renoncer au désir pendant le peu de temps qui nous reste" ? Ce tableau, réalisation parfaite d'un plan de cinéma, trône au-dessus du lit de la chambre d'hôtel de Mozes. Pure coïncidence ? Geste de réconciliation à l'initiative de Trigano ? Telle est la question, jamais résolue, au coeur de ce roman envoûtant et complexe, réflexion sur la création artistique et le sens de la vie, balançant sans cesse entre cérébralité et surréalisme baroque à la Buñuel. (Emmanuel Hecht - L'Express, novembre 2012 )

Le maître israélien Avraham B. Yehoshua nous offre un grand roman sur l'art, l'amour et le temps qui passe...
En partant d'un épisode qu'il a lui-même vécu à Saint-Jacques-de-Compostelle, Yehoshua a imaginé la longue marche d'un vieil homme en pèlerinage vers son passé et l'homme qu'il fut. Ce voyage n'est pas de tout repos : de questions restées sans réponse en blessures jamais cicatrisées, Mozes se met à nu. En s'identifiant au vieux créateur, Yehoshua ne se donne pas le meilleur rôle mais comme homme et comme créateur, il pose les questions essentielles : qui écrit le film de nos vies ? Dieu, les hommes, le hasard ? Rétrospective est une histoire forte, émouvante, qui parle de la fuite du temps, de nostalgie, de la perte des amis et des amours, de la création artistique tantôt consolatrice, tantôt destructrice. En couronnant il y a quelques jours le roman d'Avraham B.Yehoshua, un an après avoir sacré David Grossman pour son chef-d'oeuvre Une femme fuyant l'annonce, les jurés du prix Médicis ont ainsi salué l'éclatante vigueur de cette littérature israélienne qui, loin d (Bruno Corty - Le Figaro du 21 novembre 2012 )

Détails sur le produit

  • Relié: 480 pages
  • Editeur : Grasset (29 août 2012)
  • Collection : Littérature Etrangère
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 224677151X
  • ISBN-13: 978-2246771517
  • Dimensions du produit: 22,6 x 15,4 x 3,8 cm
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (3 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 39.110 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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5.0 étoiles sur 5 De la belle ouvrage 16 décembre 2012
Par M. Grynwald TOP 500 COMMENTATEURS VOIX VINE™
Format:Relié|Achat authentifié par Amazon
1. Le point de départ du roman: Yaïr Mozes, un metteur en scène de cinéma israélien, septuagénaire et célèbre dans son pays, est invité en Espagne à une rétrospective de ses films de jeunesse. Il s'y rend avec l'actrice, Ruth, qui a participé à tous ses films. Dans la chambre qu'il partage avec Ruth est accroché un tableau sur le thème de la « Charité romaine » qui lui rappelle le dernier film qu'il a réalisé avec Trigano, le scénariste avec lequel il a travaillé au début de sa carrière et la cause de sa rupture avec ce scénariste.
De façon plus précise: dans ce tableau une jeune femme donne le sein à un vieillard mourant de faim. Or, Ruth, qui était alors en couple avec Trigano, avait refusé de tourner une scène analogue et ce refus avait été accepté par Mozes mais n'avait pas été admis par Trigano qui avait alors rompu tant avec sa compagne qu'avec Mozes.

2. Ces éléments de départ permettent au romancier de raconter la vie de ses personnages, principalement Mozes, Ruth et Trigano et de construire une intrigue qui tient en haleine jusqu'à la dernière ligne.

3. J'ai trouvé ce roman remarquablement bien écrit et bien construit. L'écriture est claire, sans fioriture inutile. Les divers éléments du roman forment une construction dont j'ai admiré l'ingéniosité.
Avec un sujet du type de celui choisi par le romancier d'autres seraient tombés dans le piège du vaudeville ou du « blingbling » racoleur.

4. Sans en constituer le sujet principal, la réalité israélienne n'est pas absente du roman, depuis l'hostilité entre les juifs ashkénazes (originaires d'Europe de l'est), qui constituent l'élite, et les juifs séfarades (originaires principalement d'Afrique du Nord) plus mal considérés, jusqu'à la tension (c'est un euphémisme) à la frontière sud du pays.
Sur ce sujet on peut signaler, bien que cela ait peu de rapport avec le roman, que l'auteur est très engagé en faveur de la paix avec le peuple palestinien, à contre-courant d'une majorité de ses concitoyens.

5. Contrairement au commentaire de « Skin-deep » je ne crois pas qu'il faille avoir atteint un âge avancé pour apprécier ce roman. De façon similaire il n'est pas nécessaire de s'intéresser à l'aristocratie française de la fin du 19ème siècle ou du début du 20ème pour apprécier Marcel Proust.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le cinéaste et la vie 11 décembre 2012
Par Skin-deep, le déclassé TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Relié
Il est des livres qui éveillent le regret de n'avoir pas été lus à l'âge de vingt ans. D'autres, au contraire, révèlent un regard d'une telle maturité sur l'existence que l'on se réjouit de les avoir découverts à un âge plus avancé. "Rétrospective" d'Avraham B. Yehoshua appartient incontestablement à la seconde catégorie. C'est un livre d'une richesse thématique inouïe, dans lequel l'écrivain, septuagénaire comme son personnage, semble avoir voulu fondre toute l'expérience d'une vie - ses sentiments intimes, ses interrogations sur l'art, la fraternité et le destin de son pays. Un livre d'une intelligence qui met par instants les larmes aux yeux et d'une sagesse magique posant sur les êtres un regard empreint d'une compréhension que seule la vieillesse possède envers la faiblesse des hommes. Peut-on comprendre pleinement un roman si exigeant et si imposant avant d'avoir laissé derrière soi sa jeunesse? Fermez les yeux et ne serait-ce que l'espace de quelques secondes songez à ce qui importe le plus à la vie d'un homme: à ce qui l'éclaire - l'amour, l'amitié, la foi en ce qui est accompli -, ou bien à ce qui la blesse et la rend vulnérable - la rivalité, le renoncement, la culpabilité. Ce sont tous ces aspects sombres ou lumineux de l'existence humaine que nous sommes invités à partager en suivant à fleur de conscience, sur plusieurs semaines et à un rythme d'une lenteur euphonique, les pensées d'un vieil homme israélien, le cinéaste Yaïr Mozes.
Le centre d'études cinématographiques de Saint-Jacques-de-Compostelle convie Yaïr à une rétrospective de ses premiers films. Les souvenirs renaissent, suscitent une recherche du temps perdu, instaurent un dialogue entre le passé et le présent, entre l'art et la vie. Le roman modernise avec virtuosité des sujets par essence proustiens - la mémoire, ses oublis et réminiscences -, à travers un dispositif cinématographique infiniment habile puisqu' à travers la rétrospective de ses films, c'est en somme à la rétrospective de sa propre vie que le réalisateur assiste, et plus largement à une rétrospective de l'histoire de son propre pays. De retour en Israël, Yaïr va poursuivre son pèlerinage intérieur en revenant quelques décennies plus tard sur les lieux de tournage.

L'AMOUR. Dans sa quête de vérité, le cinéaste est accompagné de l'actrice qu'il a dirigée dans presque tous ses films, Ruth, avec laquelle il partage une complicité renversante et mystérieuse. A travers une infinité de gestes bouleversants de pudeur, des pages merveilleuses décrivent une intimité si belle qu'il faudrait pour lui rendre toute sa grâce écrire le mot avec une initiale majuscule: Intimité. De celles, secrètes, à la fragiles et dépassionnées, qui unissent au soir de leur vie un artiste et sa muse: "Je suis toujours amoureux de toi. Parfois un peu, parfois davantage."

DON QUICHOTTE ET LA BANDE DE GAZA. La rétrospective aura également réactivé le souvenir d'une discorde fratricide entre Yaïr et celui qui fut son premier scénariste, le ténébreux mais génial Saül. La rivalité entre les deux hommes, au coeur du roman, allégorise l'histoire et les déchirures internes d'un pays: Yaïr est un Israélien d'une bonne famille de Jérusalem, Saül un migrant arabe. Le symbolisme ouvert des scènes de cinéma imaginées par le génie médiumnique de Saül sera élucidé, redécouvert avec amertume et ironie par Yaïr à la lumière de l'actualité israélienne. La puissance allégorique du roman, présente mais peu appuyée, n'affecte pas le récit en figeant les protagonistes. Rêvant entre chimère et désillusion l'impossible réconciliation, méditant sur les thèmes oecuméniques de la pénitence et de l'expiation, le pacifiste Avraham B. Yehoshua signe entre Espagne et Israël davantage qu'un chef-d'oeuvre: le livre de toute une vie. Superbe.
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1 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Relié|Achat authentifié par Amazon
Passionnant ouvrage,qui vous tient en alerte , à bout de souffle . Intéréssantes questions .. A méditer , pour les érudits et les artistes peintres . A recommander !
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