Dans cet album, il part de l'hypothèse que le peuple se révolte contre les stars de la télévision, nouvelle caste de super-privilégiés "loin de la masse obtuse et ignorante". On y découvre un Robespierre nouveau cri simpliste en diable et pas moins sanguinaire que son modèle historique, un Saint-Just play-boy en pantalon de cuir, des créatifs de la publicité fustigés pour être les suppôts de cette nouvelle noblesse, et plein d'autres transpositions des affres de la première République dont la guillotine est l'instrument symbolique par excellence.
On pourrait s'interroger sur la pertinence du propos de cet album qui a tout l'air d'être le résultat d'une lecture mal digérée de La Société du spectacle de Guy Debord. Mais si l'on se dit que tout cela n'est qu'un prétexte pour dessiner des jolies filles dans des situations embarrassantes, alors tout ceci n'a pas d'importance. --Didier Pasamonik
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Loin de la masse obtuse et ignorante !,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Révolution (Cartonné)
Maurilio, dit Milo, Manara, né en Septembre 45, a découvert la BD en 67 alors qu'il travailla comme assistant d'un sculpteur espagnol fan de 'Barbarella'. A partir de 69, il se mit à dessiner à son tour et dès 74 il adapta 'Le Décameron'. Mais sa première BD vraiment ambitieuse n'est parue qu'en 76 ('Le singe'). En 78, il publia 'L'homme des neiges' et 'Giuseppe Bergman'. Et il faudra attendre 83/84 pour que paraisse en Italie d'abord (dans la revue 'Playmen'), en France ensuite (pré-publié par 'L'écho des savanes', puis en album par Albin-Michel) ce classique de la bande dessinée érotique qu'est 'Le déclic'. En 86 parut 'Le parfum de l'invisible' et en 88 'Candide caméra'. Le deuxième volet du 'Déclic' sortit en 91, suivi d'un troisième opus en 94 et même d'une ultime (?) suite en 2001. Entre-temps et au travers de ces BD et d'autres, Milo Manara était devenu le nouveau Pape de l'érotisme dessiné.En 2000, Milo Manara fait paraître 'Révolution', une charge en 44 pages en noir et blanc contre notre société actuelle, qui est en train de connaître une situation extrêmement proche de celle de la France prérévolutionnaire : les riches, qui se sentent tellement supérieurs, parasitent inutilement nos vies et nous mènent notamment à la baguette au travers de la télévision, cet ignoble instrument du capitalisme et donc du pouvoir qu'ils représentent. 'Robespierre', un nouveau révolutionnaire, fait enlever les principaux dirigeants et animateurs de nos principales chaînes de télévision pour les faire juger par un jury populaire et exécuter immédiatement après. Enlevée avec le directeur artistique d'une émission pour laquelle elle postulait en tant que danseuse, l'héroïne de l'histoire, une superbe blonde qui venait d'enlever sa petite culotte (collection érotique oblige), réussit à s'échapper avec son éventuel futur patron auquel elle a été menottée et se lance, poursuivie par les sbires de 'Robespierre', dans une course folle pour échapper à la mort... Réquisitoire contre l'absolu pouvoir de la télévision au service des nantis cathodiques qui sont eux-mêmes au service des nantis tout court, 'Révolution' est largement plus politique qu'érotique et laissera sur leur faim tous les mateurs amateurs de croupes assassines 'manariennes', d'autant plus que cette histoire se termine en totale queue de poisson, Manara n'ayant jamais été un scénariste de 'génie' ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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