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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Karajan au zénith,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : R. Strauss : Ainsi parlait Zarathoustra - Till Eulenspiegel - Danse des sept voiles - Don Juan (coll. Decca Legends) (CD)
Au tournant des années 1960, Decca confie à Karajan quelques enregistrements des Wiener Philharmoniker, orchestre sur lequel la firme anglaise a alors une quasi-exclusivité. Ces séances représentent en quelque sorte un Karajan "du milieu", entre celui "latin" des années 1950, adepte de Toscanini et De Sabata, particulièrement documenté par EMI, et le Karajan "classique" des années 1960 et 70, patron de l'Orchestre philharmonique de Berlin et vedette de Deutsche Gramophon. En effet, le chef joue à la fois sur la fascination sonore, la puissance des climats, tout en s'efforçant de maintenir un style acéré. Les Strauss enregistrés sont reparus dans la collection Legends, à l'exception de Mort et transfiguration. Strauss est bien sûr le compositeur "karajanien" par exellence, et cette époque est peut-être celle où Karajan l'a le mieux dirigé, justement grâce à cet alliage de puissance sonore (fluidité de la masse, variété des timbres, spectre dynamique) et de pertinence interprétative (précision, caractérisation). Don Juan et Till Eulenspiegel, s'ils n'ont pas l'évident cynisme jubilatoire que leur donnent Reiner ou Ancerl, ont à défaut un vrai panache hautain. Quant à Zarathoustra, c'est la version dont on entend l'introduction dans 2001 odyssée de l'espace. Des versions de référence aux côtés de Reiner, Krauss, Kempe, Böhm, Solti.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Les enregistrements straussiens de Karajan à Vienne : opulence et séduction sonore,
Par Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (COMMENTATEUR N° 1)
Ce commentaire fait référence à cette édition : R. Strauss : Ainsi parlait Zarathoustra - Till Eulenspiegel - Danse des sept voiles - Don Juan (coll. Decca Legends) (CD)
Au cours de sa carrière, Herbert von Karajan joua abondamment la musique du compositeur bavarois, lui manifestant un engouement précoce et durable.En 1929, son premier concert au Mozarteum incluait déjà "Don Juan", qui fut ensuite gravé en septembre 1943 (ainsi que la "danse des sept voiles") au Concertgebouw d'Amsterdam. La collaboration du maestro avec les Wiener Philharmoniker remonte à 1934 ; il grava avec eux quelques microsillons pour EMI après la guerre, et aussi une légendaire série d'enregistrements pour Decca dès 1959 dont est issu le programme que réédite le présent album (de ce legs straussien, manque ici "Tod und Verklärung", vraisemblablement éludé pour des raisons de minutage). Pour l'anecdote, rappelons que la Sofiensaal était dépourvue d'orgue et celui qui gronde au début de "Ainsi parlait Zarathoustra" fut en fait capté dans une chapelle militaire de Wiener Neustadt. Signalons aussi que c'est cette version du célébrissime « lever de soleil » qui fut utilisée pour la bande-son du film de Stanley Kubrick "2001, l'odyssée de l'espace". L'interprétation fine et sensuelle de Karajan profite généreusement des moelleuses couleurs de l'orchestre autrichien et s'avère plus séductrice que les remakes berlinois pour DG. "Till Eulenspiegel" et "Don Juan" avaient déjà été enregistrés avec le Philharmonia de Londres en 1951 (EMI) et seront aussi postérieurement refaits avec ses Berliner, sans retrouver l'élan dramatique et le charme sonore des sessions viennoises de juin 1960, où l'hédonisme ne sacrifie aucunement la dimension narrative. Karajan avait dirigé "Salomé" dès 1929 à Salzbourg. Sa baguette enfièvre ici la "danse des sept voiles" avec un mélange d'opulence rogue et d'implacable tension qui serre au plus près l'esprit décadent de cet opéra dont il léguera une fascinante version en 1977 avec Hildegard Behrens dans le rôle-titre. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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