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ROUSSEAU, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes Broché – 20 novembre 2009

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Qu'y a-t-il de naturel en l'homme ? Jean-Jacques Rousseau, dans son Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, publié en 1755, imagine l'humanité dans sa condition primitive, à une époque où elle ne vivait encore que d'après sa constitution première. Le tableau qu'il dresse de cet état de nature originel fait ressortir l'existence de différences physiques mais d'aucune distribution inégale de droits entre les hommes. C'est l'institution sociale et l'invention du droit qui fera naître les inégalités. Rousseau nous raconte l'enchaînement des circonstances qui dut conduire le genre humain à s'éloigner de son heureuse condition originelle et à devoir recourir à l'autorité d'un État pour sauvegarder la vie et la liberté de chacun.

Au cours de l'histoire, l'homme se socialise, apprend à parler, à aimer ; il s'humanise en s'éloignant de sa première condition, simple, heureuse mais quasi animale. Une manière pour Rousseau de formuler la contradiction de la condition humaine : historique, insatisfaite, mais aussi hantée par le rêve de la nature et du bonheur.

Un texte d'une grande éloquence qui ne peut que toucher son lecteur. --Emilio Balturi --Ce texte fait référence à l'édition Poche .

Extrait

A la République de Genève

MAGNIFIQUES, TRÈS HONORÉS, ET SOUVERAINS SEIGNEURS,

Convaincu qu'il n'appartient qu'au citoyen vertueux de rendre à sa patrie des honneurs qu'elle puisse avouer, il y a trente ans que je travaille à mériter de vous offrir un hom­mage public ; et cette heureuse occasion suppléant en par­tie à ce que mes efforts n'ont pu faire, j'ai cru qu'il me serait permis de consulter ici le zèle qui m'anime, plus que le droit qui devrait m'autoriser. Ayant eu le bonheur de naître parmi vous, comment pourrais-je méditer sur l'égalité que la nature a mise entre les hommes et sur l'inégalité qu'ils ont instituée, sans penser à la profonde sagesse avec laquelle l'une et l'autre, heureusement combinées dans cet État, concourent de la manière la plus approchante de la loi naturelle et la plus favorable à la société, au maintien de l'ordre public et au bonheur des particuliers ? En recherchant les meilleures maximes que le bon sens puisse dicter sur la constitution d'un gouvernement, j'ai été si frappé de les voir toutes en exécution dans le vôtre que même sans être né dans vos murs, j'aurais cru ne pouvoir me dispenser d'offrir ce tableau de la société humaine à celui de tous les peuples qui me paraît en posséder les plus grands avantages, et en avoir le mieux prévenu les abus.
Si j'avais eu à choisir le lieu de ma naissance, j'aurais choisi une société d'une grandeur bornée par l'étendue des facultés humaines, c'est-à-dire par la possibilité d'être bien gouvernée, et où chacun suffisant à son emploi, nul n'eût été contraint de commettre à d'autres les fonctions dont il était chargé : un État où tous les particuliers se connaissant entre eux, les manoeuvres obscures du vice ni la modestie de la vertu n'eussent pu se dérober aux regards et au jugement du public, et où cette douce habitude de se voir et de se connaître fit de l'amour de la patrie l'amour des citoyens plutôt que celui de la terre. --Ce texte fait référence à l'édition Poche .

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Format: Poche
Comme l'indique son intitulé, Jean-Jacques Rousseau porte ici son raisonnement sur l'inégalité parmi les hommes, pour en trouver les origines, Rousseau va donc fort classiquement - s'employer à remonter jusqu'à « l'état de nature » de ceux-ci.
Son analyse se fera tout d'abord en opposition avec d'autres penseurs (Hobbes notamment) auxquels il reprochera de n'avoir fait que la moitié du chemin, ayant cru atteindre l'homme naturel alors qu'ils envisageaient un homme qui portait encore les traces de la vie en société. Il dépouillera donc définitivement l'homme de celles-ci pour découvrir un homme qui n'avait pas à souffrir de l'inégalité.
Il remontera ensuite les évolutions et révolutions (la famille, l'agriculture, la propriété foncière etc.) qui feront passer cet homme à l'état civil, en même temps qu'à l'état d'inégalité, celui-ci découlant nécessairement de ses découvertes ; au fil de ses progression, l'homme se trouve de nouveaux besoins, se rend dépendant des autres, les conflits, les guerres se multiplient, et le droit va devenir indispensable pour rendre cette nouvelle vie un peu moins invivable.
Ce texte, datant de 1754, nous montre ce que c'est que raisonner, le style est concis, les analyses pénétrantes; surtout, le constat qui y est fait est plus que jamais d'actualité, et nous invite donc doublement à Relativiser.
Le discours se suffit à lui-même, concis et pénétrant ; les annotations sont cependant appréciables, elles permettront d'approfondir la réflexion. Un regret cependant : que celles-ci ne soient pas infrapaginale, ce qui aurait été bien plus pratique. Je me réfère ici à l'édition Flammarion.
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Format: Poche
Est-ce que l'art, la science, la philosophie, et in fine, la civilisation dont s'enorgueillissent ses plus fidèles laudateurs, ont contribué à améliorer la condition humaine et à diminuer les inégalités ? Rousseau s'attaque à cette large question dans cet essai philosophique fondateur, dissipateur de mythes, et notamment du Progrès, usurpation téléologique à laquelle l'auteur oppose le pluriel des progrès. Son propos n'est pas de vouer aux gémonies l'art, la science ou la civilité mais de noter, qu'au sein de l'amélioration de chacune de ces créations humaines, n'émerge aucun mieux-vivre, ni aucune disparition des inégalités qui ont même tendance à s'aggraver avec leur développement. Ce texte, éminemment subtil (à condition d'aimer la prose si ouvragée du XVIIIème), n'est rien de moins qu'un plaidoyer en faveur des laissés pour compte, des tribus exotiques sur lesquelles quelques observateurs avaient produit des écrits. Rousseau prend sa plume afin de défendre les opprimés contre les plus fidèles zélateurs d'une culture qui ne cesse (déjà) de s'aveugler sur ses conséquences désastreuses. Il produit également l'un des premiers livres d'anthropologie, en substituant la compréhension des indigènes (par empathie plus que par la pratique du terrain) à la supériorité inquestionnée des conquérants, introduisant par là même un relativisme sain dans la compréhension de l'« Autre ».Lire la suite ›
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Format: Poche Achat vérifié
Il s'agit ici en fait de 2 discours de Jean Jacques Rousseau, le 1er publié en 1750, qui s'intitule: Discours sur les Sciences et les Arts et le 2nd publié en 1754, qui nous est plus connu et qui s'intitule: Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes. Ces 2 discours avaient été mis comme questions de l'Académie de Dijon, mais c'est le 1er qui valu, contrairement au 2nd à Rousseau, le succès à son époque.
Dans le Discours sur les Sciences et les Arts, le principal propos de l'auteur est de nous dire que ces derniers ne prévalent pas sur les moeurs sains d'un homme robuste, rustique, naturel et vertueux. C'est une critique acerbe de ce que Rousseau considère comme superflu: les Sciences et les Arts, ce qui ne laisse pas aujourd'hui de nous paraître paradoxal.
Le 2nd Discours veut nous parler de l'homme, l'auteur veut défendre la cause de l'humanité.
Rousseau y passe au crible l'homme à l'état de nature, s'opposant à Hobbes, pour qui l'homme naturellement intrépide ne cherchait qu'à attaquer et à combattre. Car pour J.J. Rousseau, l'homme naturel, le sauvage, vit pratiquement en harmonie avec la nature, il y a des ressources naturelles (fruits, plantes, il chasse), il n'a que peu de besoins et il vit souvent seul, donc sans conflits. Comme son corps est le seul instrument qu'il connaisse, il le fortifie (exercices physiques).
Par contre, pour cet auteur, nous avec nos outils, nos machines, devenons moins forts et si certes, avec tout cela , nous pouvons surmonter le sauvage, si nous étions nus et désarmés l'un face à l'autre, nous perdrions le combat.
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