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RUSTY JAMES
 
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RUSTY JAMES

DVD
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Format:DVD
Quand Coppola le mégalo s'essaie au film expérimental, voilà ce que ça donne: un chef-d'oeuvre. Le réalisateur du "Parrain" et d'"Apocalypse Now" a déjà tout gagné - deux Palmes d'Or et les Oscars du meilleur réalisateur et du meilleur film, du jamais vu jusqu'ici - quand il en arrive à adapter coup sur coup, avec "Outsiders" et ce "Rusty James", deux romans ultra-courts - toujours inédits en France -, écrits et publiés par Susan Edward Hinton à la fin des années 60, alors qu'elle n'avait même pas dix-huit ans. Avec "Rusty James", il signe une "Fureur de vivre" façon années 80 en même temps qu'une ode à la liberté individuelle, valable autant pour les animaux (oiseaux, poissons...) que pour les humains.

Ce chef-d'oeuvre vaut autant pour la splendide réalisation de Coppola que pour la première apparition au premier plan d'un jeune premier génial: Mickey Rourke. Coppola a tourné ce film en noir et blanc (avec de fugitifs plans couleur) parce que le Motorcycle Boy, légendaire chef de gang incarné par Rourke, est daltonien et ne distingue que très difficilement les couleurs. Après un exil de deux mois en Californie, il revient dans la ville de Tulsa, dans l'Oklahoma, et tente de remettre son cadet, Rusty James (Matt Dillon, excellent), devenu lui aussi chef de gang, dans le droit chemin. Mais à vingt et un ans seulement, c'est déjà un homme usé, dont la silhouette fatiguée et désabusée hante les rues désertes, balayées par le vent. Avec ce Motorcycle Boy, Mickey Rourke interprète magistralement le tout premier d'une série de personnages de loosers. Sa mort finale - il est tué à bout portant par un flic bileux, alors qu'il est désarmé - rappelle, par certains côtés, celle de Billy the Kid. Face à Matt Dillon et lui, des seconds rôles épatants, en particulier Tom Waits en barman radoteur, Nicolas Cage - le neveu du cinéaste -, Dennis Hopper, Larry Fishburne, la belle Diane Lane et le trop rare Vincent Spano. On notera que la superbe musique est signée Stewart Copeland, le batteur du groupe "Police".

Rarement le mal de vivre de toute une génération de jeunes n'aura été aussi bien traduite que dans ce superbe film, crépusculaire à souhait, le genre que l'on aimerait voir plus souvent. Toujours très sous-estimé dans la carrière du réalisateur et trop rarement diffusé à la télévision française, voici un très grand film, l'un des sommets cinématographiques de ces dernières années et, peut-être, le chef-d'oeuvre du cinéaste. Un DVD à acheter toutes affaires cessantes, à voir et à revoir (de préférence en version originale) et à conserver.

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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
Culte et virtuose 24 juillet 2009
Par Zarak TOP 500 COMMENTATEURS
Format:DVD
Un Coppola "culte", honni des américains mais adoré des français pour son côté iconoclaste et expressionniste. C'est une leçon de mise en scène, une baffe esthétique : cadrages superbes, plans osés, grand angle virtuose, brume obsédante, noir & blanc à peine nuancé de deux couleurs : le rouge et le bleu de ces deux poissons colorisés qui, dans leur aquarium, figurent l'emprisonnement du moi dans sa propre image, que chacun essaie de pulvériser.

Pulvériser son moi. "Motorcycle Boy" a réussi, son retour est celui d'un spectre daltonien qui a compris ; l'ombre de lui-même, comme sa vision du monde en noir et blanc (on voit le film à travers ses yeux), mais une ombre bienveillante qui passera son temps à sauver son frère, Rusty James, victime de sa jeunesse et de sa vitalité qu'on peut qualifier - paradoxalement - d'aveugle. Le premier est joué par un certain Mickey Rourke - révélation totale, sans doute son meilleur rôle jusqu'à... The Wrestler -, le second est campé par Matt Dillon, enfiévré, génial. A côté d'eux, Dennis Hopper est le parfait père alcoolique auquel on ne veut pas ressembler, l'image qu'on passe toute une vie à fuir. Il y a quelque chose de grec dans cette mythologie des voyous et cette exaltation des corps rebelles, un parfum de tragédie antique, suggérée plusieurs fois dans le film.

Stewart Copeland, ex-batteur de Police, travaillait ici sur sa première bande-originale et accompagnait le film de rythmes urbains qui fusionnent littéralement avec l'esthétique coppolienne.
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1 internautes sur 1 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:DVD
Occulté par les succès que l'on sait dans la filmographie nébuleuse de Coppola, comme le serait une face B échouée sur une compilation de singles, Rusty James est une aeuvre envoûtante, insaisissable. Portée par un casting de jeunes pousses promises à un avenir radieux, elle permet un visionnage sur plusieurs degrés.

Tel une âme défunte dont l'accès au jardin des délices aurait été différé, le Motorcycle Boy reparaît en ville. Nous transmettant sa vision dématérialisée d'un monde privé de couleurs, dont les vagissements sont de lointains échos, il se penche sur l'épaule de son jeune frère. Et tente dans un effort solitaire et désespéré de l'entrainer hors des sentiers de la perdition.

Rusty James, lui, n'est rien qu'une petite frappe, un caïd de cour de récréation. Un crétin. Fantasmant une époque qu'il a connue au travers de son regard d'enfant, celle des gangs de rue et des codes d'honneur, il n'a qu'un souhait à l'esprit : la réactiver. Et suivre les traces laissées par l'ancienne gloire locale, son aîné magnifié.

Usant d'une large palette esthétique, prises de vue en biais, abondance de fumée et d'ombres, affrontements de rue chorégraphiés, Coppola nous présente son film le plus aérien, le plus onirique. Il n'est alors pas aisé de distinguer les contours des personnages. Le Motorcycle Boy - dans la peau duquel se révèle un Mickey Rourke habité, fiévreux - concentre toutes les attentions. Ne pouvant se défaire d'une réputation gagnée en présidant aux gangs d'alors, aliéné, poursuivi par le reflet de sa propre image, il n'est plus qu'une photographie encadrée. En noir et blanc.

Coppola souligne ici la nécessité impérieuse de choisir une voie, de choisir sa voie, et de s'y élancer. A défaut de passion, c'est une décision indissociable de l'accomplissement personnel. Donner un sens à sa propre existence. Mais, comme le Motorcycle Boy l'apprend à ses dépens, le temps nous est compté. Doté de qualités innées pour toutes choses, d'une sensibilité (trop) aiguë, il a pourtant essayé, les gangs, l'héroïne, y trouvant toujours la même issue : l'ennui.

Les allusions au défilement du temps son nombreuses dans Rusty James, par la présence récurrente d'horloges sur différents plans, le rythme hâté auquel les nuages et la brume traversent l'écran, ou encore la bande son de Stewart Copeland, un battement de caeur soumis à rude épreuve. Un beau matin on se réveille, réalisant « Jesus, how much I got? I got thirty-five summers left. » Pensez-y. Trente-cinq étés.

-----> Retrouvez toutes les chroniques de Second Souffle sur : http://lesecondsouffle.wordpress.com/
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