Rachmaninoff n'est pas d'un abord facile, ni pour le profane, ni pour le pianiste.
Les préludes présentent quelques unes des plus belles pages composées pour le clavier. Tantôt sous forme de ballade ou d'improvisation (fa dièse mineur, si mineur), tantôt très vigoureusement rythmés (si bémol majeur, mi majeur et mi mineur), fluides ou heurtés, toute l'âme humaine mais avant tout l'âme russe est là.
Les études-tableaux restent des énigmes. Presque toutes sont en mineur, autant dire que la joie n'y déborde pas. Mise en musique de compositions picturales ou d'évènements ayant marqué le musicien, leur perfection touche au sublime. Richesse mélodique et génie des modulations.
Les deux études en la mineur évoquent, l'une, la mer et les mouettes, mélancolique, l'autre, le petit chaperon rouge et le loup est la pièce la plus diabolique et terrifiante qu'il m'ait été donné d'écouter.
Interprétation puissante et émotionnelle.