Pour une découverte des concertos de Rachmaninov, ce coffret peut paraître exceptionnel. Cependant, lorsqu'on a vu les autres versions, notamment Lugansky, Richter, Paik et Pletnev, la différence est évidente : Earl Wild est à côté de Rachmaninoff, et même à côté de la Russie en général. En effet, son ton perpétuellement passionné, et par conséquent les tempos toujours trop rapides, nuisent à la grandeur, la profondeur, la poésie et l'élégance de Rachmaninoff, ce qui est rédhibitoire. Les concertos qui m'ont le plus déplu sont le deuxième et le troisième. La rhapsodie et le premier sont les plus réussis, néanmoins, Pletnev et Lugansky sont plus intéressants, et, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne sont pas moins flamboyants au moment où il faut l'être (voire beaucoup plus passionnés, comme lors du début du premier). Le quatrième est mitigé. La prestation de l'orchestre est soit mitigée aussi, soit occultée la prise de son : les cordes paraissent avoir un poids trop important et pèsent souvent sur l'harmonie (elle-même mal équilibrée), comme lors du début du quatrième, où les notes détachées se déplaçant d'un pupitre à l'autre sont audibles épisodiquement.